Lundi 2 juin 2008
Luang Prabang, c'etait un peu trop la vie douce, au bout de quelques jours, on finit par s'ennuyer. J'ai donc decide de pousser vers le Nord.
Depart pour LuangNamTha en bus de nuit. J'arrive a la gare routiere vers 4h15, le bus devant partir a 5h selon l'horaire. La gare routiere... plus de tuk tuks que de bus (en fait il y en a 4), et celui pour LuangNamTha n'a rien d'un express, c'est un bus local dont les amortisseurs ont du voir des jours meilleurs. En attendant, je regarde les autres bus en train d'etre charges, c'est a dire que l'on entasse un peu de tout sur le toit, des sacs de riz, des plantes vertes, et meme une moto. On ne part qu'avec une 1h30 de retard (normal, il y avait un match de catch a la tele et le chauffeur voulait voir la fin), ce n'est pas bien grave puisqu'il doit y avoir 9h de route, cela permettra de ne pas trop arriver au milieu de la nuit. Sitot le bus parti, un Laotien tatoue un peu speed s'assied derriere moi et se met a fumer comme un pompier tout en crachant dehors avec une belle regularite. On longe le Mekong, et bientot c'est la nuit... Le tatoue est parti s'asseoir au fond du bus pour fumer de l'opium. Vers 9h, on fait une halte dans un petit village paume, et notre fumeur d'opium embarque le chauffeur; ils essaient de demarrer une voiture sur place, n'y parviennent pas et disparaissent quelque part dans le village. En attendant leur retour, les passagers errent dans le village en regardant les propositions culinaires sur les etals avec un peu de suspicion, car il est difficile de savoir ce que c'est (il faut dire qu'a Luang Prabang, sur certains marches, on propose de la chauve souris et du cochon d'Inde frit entre autres douceurs).
Le chauffeur n'etant pas revenu au bout de deux heures, vers 11h du soir, un autre prend le volant (il y a en general un 'assistant' dont la tache est d'aller arrimer les bagages sur le toit). La route est bien accidentee, manquant souvent de bitume, glissante sous la pluie, ce qui donne le mal de mer a la plupart des passagers qui se vident par les fenetres... Gloups. On grimpe dans les lacets, et comme le nouveau chauffeur ne conduit pas tres bien, il finit par renverser une vache qui errait dans la nuit. Une breve halte, le temps de verifier qu'elle n'est pas entierement morte, puis nous voila repartis. Le bus nous deposera a 5h du matin a la gare routiere de Luang Namtha, un peu hebetes par ce voyage plutot folklorique!
Quelques heures plus tard, me voici juchee sur un authentique VTT pour aller explorer les alentours; petits villages Hmongs batis sur les collines ou il y a encore des femmes en habit traditionel , veste brodees en coton indigo et coiffure elaboree qui travaillent dans les rizieres ou papotent au lavoir. Je grimpe jusqu'a la stupa monumentale qui domine le village (pardon, LuangNamTha est la capitale de la province), dont le ciment n'a pas encore fini de secher. Il faut dire que les communistes ont rase quelques temples en leur temps. Autour de la ville s'etendent les champs, et a certains carrefours, on voit des gens battre le ble au baton.
Le lendemain, depart en minibus vers Muang Sing, un petit village a deux heures de route. D'ici partent les trekks. Avec Elise et Greg, un couple Anglo Suisse rencontre en route, nous cherchons l'itineraire de nos reves. La premiere randonnee que l'on nous propose est un peu la ballade au zoo avec villageois qui chantent a notre arrivee... Bof bof. On trouve une deuxieme 'agence' qui nous propose un bel itineraire, 'tres dur' nous promet on, a travers les montagnes et quelques villages. Cela a l'air plus authentique.
Des l'aube suivante, nous allons faire un tour au marche ou se cotoient les Chinois (la frontiere est tout a cote) et les hommes et femmes de toutes les ethnies du coin, chacun portant sa coiffe traditionnelle sur des teeshirts pour venir vendre leur production; pour certains, l'aller retour represente presque une journee de marche complete.
On rejoint le centre du village, et nous voila partis en pickup dans les chemins de terre qui quadrillent les environs. Il y a Khong, notre interprete cuisinier, un adorable garcon de 19 ans, et Hong, le guide qui connait la route mais ne parle pas et ne sourit guere, plus Greg Elise et moi. Deux heures de route sur des chemins defonces par de profondes ornieres, nous grimpons a l'assaut des premiers contreforts Sino Birmans (les trois pays se rejoignent la), puis nous voila laches dans la nature. Commence une rude descente au milieu des collines pelees, resultat des incendies spontanes, de la culture sur brulis pratiquee ici et de la deforestation... Minute Nicolas Hulot, avant d'acheter des bois exotiques, pensez-y deux minutes, quand on voit les resultats ici, cela serre le coeur. Ou s'arretera la folie humaine?
Dans l'apres-midi, on arrive au village de l'ethnie Thai Lue ou l'on passera la nuit. Environ 25 maison sur pilotis entre lesquels courent les cochons noirs et les poulets. Nous voila installes dans la maison du chef (ils sont elus pour cinq ans par les autres villageois). Aussitot les sacs deposes, nous decidons d'aller nous debarbouiller de la sueur qui nous colle a la peau apres cette marche de plusieurs heures sous un soleil brutal. En bas du village coule une riviere qui va se jeter quelques centaines de metres plus loin dans le Mekong, tumultueux et boueux. D'un cote la riviere tiede ou l'on peut se baigner entre de gros galets et laver son linge (le laver sur soi, car ici, on ne se met pas en maillot, les femmes se baignent en sarong... elles se baladent poitrine nue dans le village mais ne montrent surtout pas leurs jambes), de l'autre cote, une plage se sable fin sur le Mekong, avec une petite anse ou le courant est moins violent et permet de barboter un peu. Deux heures au soleil, a contempler les rivieres dans laquelle les hommes viennent pecher de gros poissons avec des filets a plomb, .
Le soir, nous devisons tranquillement sur la terrasse, quand soudain, une femme apporte sur son dos une filette  en pleurs et la confie au chef. Celui ci la prend doucement dans ses bras pour la reconforter. Il apparait quelle est tmbee en faisant du velo (rien n'est plat ici, et aucune des voies qui separe les maisons ne merite le nom de rue ou meme de piste). Tout le village s'amasse progressivement autour d'elle pour jeter un oeil a sa blessure qui est assez vilaine... On s'approche aussi, pour se rendre compte qu'il n'y a rien pour la soigner, le chef se contentant de cracher avec douceur sur la cheville gonflee et ouverte. Finalement, Khong se tourne vers nous pour nous demander si nous n'avons pas une trousse de secours, et c'est Greg qui lui desinfecte la jambe et lui fait un beau bandage... Le medecin passe une fois par mois dans les villages qui bien souvent n'ont aucun medicament pour se soigner, et aparemment peu de connaissances sur les herbes locales. Il vaut mieux choisir quand on se blesse!
L'ascension du lendemain est rude; apres quelques heures de marche sur un terrain relativement peu accidente, on attaque la montee; pres de 500m de denivele en une heure, on arrive au sommet suants et soufflants, dans un vilain nuage de brume (on est a plus de 1600m). On coupe quelques branches pour faire une table improvisee, on deroule les feuilles de bananiers contenant le repas ... et le ciel nous tombe sur la tete. Je n'ai meme pas le temps d'attrapper ma cape de pluie imprudemment laisse au fond de mon sac a dos, juste le parapluie. Nous restons pendant un bon moment, hilares mais glaces sous les trombes, tentant d'abriter comme nous pouvons les vivres... Mon parapluie commence a me gouter dessus. Quand enfin c'est l'accalmie, nous nous ruons sur la nourriture... Jamais de simples boulettes de riz gluant n'auront semble un tel festin.
Puis on repart, enroules dans nos capes, cheminant sur la crete entre les herbes hautes avec les montagnes qui se decoupent sur fond de brume. On dirait une scene du Seigneur des anneaux, les elfes enroules dans leurs capes cheminant tete baissee contre les elements hostiles. Les herbes autour de nous sont si hautes qu'elles nous depassent, coupantes, le sol est gluant. Elise s'arrete pour verifier sa jambe qui la demange.. Une grosse sangsue se tremousse sur son mollet. Beurk! Pendant l'here qui suit, il faut s'arreter toutes les 10 minutes pour une verification, les sales betes se jetant sur nos chaussures dans lesquelles elles s'infiltrent par les oeillets des lacets avant de remonter le long de la jambe, parfois atteignant la cuisse avant que l'on ne les detecte. On en devient paranoiaques, entre crises de fous rires et grands cris quand on en decouvre encore trois ou quatres qui s'accrochent obstinement...
Enfin on atteint une autre crete, un champ brule ou il n'y a pas d'herbe et chacun se deshabille a moitie pour verifier toutes les parties de son corps et ecraser sans pitie les dernieres sangsues.
 La route continue, et l'on se croirait a present au pays du Mordor, collines brulees noyees dans la brume, troncs d'arbres calcines, silence presque total ; paysage desole d'une beaute surrelle.
La fin de l'apres-midi nous depose dans le village Akha qui sera notre halte pour la nuit. Cinquante maisons de guingois, parois de bambous sur pilotis, une pauvrete palpable... et nous serons recus comme des rois. La terrasse de la maison du chef n'est guere qu'une petite plateforme de bambou ou nous nous perchons, mais nous y sommes vite rejoints par la moitie des enfants du village. On joue pendant une heure avec les 'appareils photo, il faut les prendre tous a la fois puis leur montrer le resultat sur l'ecran... Ils eclatent de rire en se reconnaissant puis recommencent a poser, serieux comme des papes. On nous apporte des fruits de la foret, on nous repete des centaines de bonjours ravis, on ne nous lache plus. Je sors ma creme anti moustique, dont il me faut enduire la moitie des gens presents qui s'en mettent au bout des doigts, sur le front... 
Le soir, on mange quasiment dans le noir, un maigre poulet tue pour nous et prepare par Khong. Apres vient l'heure d'un merveilleux massage par les femmes du village, puis, il ne reste que la famille du chef et nous dans sa maison, c'est a dire une petite piece plongee dans l'obscurite permanente (pas d'electricite ni d'eau courante ici), ce qui vaut peut etre mieux pour eviter de voir l'etat de salete (nettoyer consiste a pousser les detritus avec une balayette par un trou du plancher, les cochons et poulets qui circulent dessous se chargeant ensuite de les faire disparaitre dans leur estomac). On papote a mi-voix. D'un cote de la cloison la femme du chef et ses huits enfants, de l'autre cote, le chef qui nous offre du tabac, puis du betel (que tout le village, enfants compris, machouille avec rage, comme en attestent leurs dents rougies -quand ils en ont). Enfin, il se retourne pour preparer son opium et nous laisse discuter entre nous tandis qu'il fume tranquillement allonge a cote de nous. On a l'impression d'etre passes dans un autre monde. On se couche dans nos vetements tous cracras, en rang d'oignons, sous les yeux d'une araignee monstrueusement grosse (et je ne compte pas les autres pensionnaires de la piece, chiens, poules et autres betes que de toutes facons on ne voit pas dans le noir).
Vient le temps de les quitter. Les enfants nous escortent a travers le village , demandant des photos jusqu'a la fin, nous lancant des dizaines d'au revoirs. Un vieil homme arme d'une magnifique carabine datant sans doute d'avant guerre nous escorte dans les chemins qui descendent le village vers les rizieres; nous traversons de petits cours d'eau, remontons des pentes abruptes aureolees de papillons citron ou turquoise avec le corps orange. Il se remet a pleuvoir, la caravane a l'air bien piteuse; nous sommes, sales, ecorches, griffes par les herbes, trempes jusqu'aux dents car malgre les capes, l'humidite remonte par capilarite depuis les chaussures dont le flic floc regulier rythme nos pas. En plus, il faut, faire des arrets frequents pour verifier les sangsues. Autant dire que le sommet et la fin du nuage sont acueillis avec joie.
Dernier arret dans un village pour le dejeuner ou l'on doit vernir nous chercher en 4x4, mais nous sommes seuls avec les villageois et leurs enormes buffles. On finit les dernieres provisions et on part a la rencontre de la voiture sur la piste... saignee rouge a flanc de montagne (on grimpe vers les 2000 metres), tout juste creusee, on pense a la transamazonienne. Il fait chaud, et toujours pas de voiture. Apres deux heures de marche, nous tenons un conseil de guerre... La voiture n'est toujours pas la, impossible de revenir a la 'civilisation' a pied car il y en a pour 9 heures de marche et l'orage gronde derriere la prochaine crete. Le jour tombe tres tot, il va falloir rebrousser chemin jusqu'au precedent village qui est le dernier avant la vallee. Le probleme est qu'ils n'avaient presque rien a manger et Imprudemment, nous avons distribue toutes nos provisions de secours dans le village ou nous avons passe la nuit. Pas moyen de capter le moindre telephone avant des dizaines de kilometres. Bref, c'est un peu le desespoir. Et puis on entend un vrombissement sur la crete den face. Khong et Hong se mettent literralement a sauter de joie, les pauvres, ils s'etaient crus abandonnes. Le patron de l'agence est venu nous chercher dans un mini camion toyota qui n'est helas pas un 4x4. Si il est aussi en retard, c'est qu'il fait un temps infect sur le sommet que nous devons passer. Il faut vite repartir, car nous n'avons que quelques heures avant la nuit.
On s'embarque a l'arriere du pick up, et pendant quelques kilometres, on roule dans un paysage a couper le souffle, douces montagnes vertes a perte de vue... J'imagine les vertes collines d'Afrique ainsi. Helas, on doit bien vite dechanter, car nous penetrons dans le nuage... Et il se met a pleuvoir, de plus en plus fort. La route, qui n'a ete achevee qu'il y a deux mois, n'est guere qu'une piste de terre collante qui surplombe des a pics impressionants. Les pluies ont creuses des ornieres enormes, qui se remplissent inexorablement, rendant le cheminement de la voiture plus que perilleux. Il faut descendre et pousser, ou plutot retenir le camion pour qu'il ne glisse pas dans le ravin, derapant sans arret sur la boue rouge, criant quand l'un d'entre nous risque de se faire prendre en sandwich entre la camionette et la falaise, trempes jusqu'aux os, surveillant la lumiere qui decroit. Y arrivera t'on avant la nuit? Au beau milieu d'un tournant, nouveau coup dur. Un 4x4 qui tentait l'ascension a casse, immobilise au milieu de la route, ne laissant que tres peu d'espace pour passer entre lui et le ravin. On perd encore une demi heure a creuser des tranchees de fortune avec une pelle improvisee avec mon batonde marche, puis le chauffeur se lance, seul, tandis que nous arc-boutons comme des malaes pour l'empecher de glisser. Enfin, la pluie se calme, et l'on continue la descente en meme temps que le soleil qui baisse, dans ce paysage du bout du monde. Le ciel nous fera meme cadeau d'un immense arc en ciel. Quelle belle aventure!!!

Tandis qu' Elise et Greg remontent vers la Chine, je suis partie vers le Nord Est cette fois. Une halte a LuangNAmTha, puis NongKiaw, un petit village au bout du monde qui se compose de deux rues de part et d'autre de la riviere Nam Ou, encercle par d'immenses pics de calcaire. Ici, l'on peche avec des batons et il n'y a guere d'autre choses a faire que de regarder les nuages aux formes fantasmagoriques de cochons volants, crocodiles et dragons qui s'accrochent aux pics tandis que le soleil baisse. Helas, la mousson s'installe de plus en plus fermement; je redescends donc vers le sud;4 heures de songthaew, cette camionette collective prevus pour 15 et ou nous nous serrons a 27, plus des poules et un cochon vivant attache a l'arriere, sans oublier les innombrables sacs entasses sur le toit.
Decidement, le plus sportif au Laos ce sont les deplacements. Mais malgre les heures interminables passees dans toutes sortes de vehicules sur les routes defoncees, c'est un pays vraiment attachant. Les habitants sont d'une immense gentillesse, et meme si la pauvrete est souvent flagrante, on sent dans cette culture une grande douceur, a commencer par la tendresse infinie dont ils font preuve envers leurs enfants.

Demain, je repartirai pour Vientiane, en esperant un trajet sans trop d'anicroches, puis j'irai visiter les plaines du Sud et la region des 4000 iles, tout a la frontiere du Cambodge. La question est, combien de temps me faudra t-il pour y parvenir...
par Anne-Catherine publié dans : Laos
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Dimanche 25 mai 2008
Luang Prabang, l'indolente
 
On se laisse prendre au charme lent de cette jolie ville. Meme le courant se repose, et il se passe parfois des journees entieres sans lumiere, sans electricite pour faire les milshakes aux fruits, sans caisse enregistreuses.. et surtout, sans ventilateur!
Les vestiges de l'occupation francaise ne sont pas bien evidents; plus grand monde qui parle francais ici, ou alors a peine. Mais il reste le nom des administrations en francais sur les batiments, on trouve des crepes et les sandwichs baguette a tous les coins de rue, de l'excellent cafe cultive localement (on peut boire un vrai petit noir au bord d'un etang couvert de lotus!). Et quand la chaleur tombe,  les hommes disputent inlassablement des parties de boules, avec le centimetre pour bien mesurer la distance au cochonnet.
 
A l'Est de la ville, on trouve le marche du matin, un grand bazar sous des toits de tole, ou l'on peut tout acheter (je crois qu'il n'y a qu'un seul supermarche pour tout le Laos, alors ce sont les marches qui les remplacent, pour le plus grand bonheur des yeux). Un vrai bric a brac ou voisinent les vetements (bon d'accord, pour la mode, ce n'est pas vraiment ca, mais ici, on vit toute l'annee en tongs et c'est bien agreable), les bijoux, la quincaillerie, les plats en metal repousse, le liquide vaisselle, les tongs bien sur, les outils de jardinage, et comme dans tout marche asiatique qui se respecte, les stands de nourriture. Fruits, legumes, preparations etranges (parfois on dirait de la terre melangee a du sang), cols de poulets seches, abats divers et varies, sacs de piments rouges et verts, galettes de riz seche, boudins et saucisses...). S'il n'y a pas de courant, il faut faire ses courses avec une lampe de poche car certaines allees centrales sont dans l'obscurite.
 
Le soir, le marche nocturne  se tient de l'autre cote de la ville. Il y a des centaines d'exposants, chacun sur sa petite natte posee au sol, certains avec les enfants qui dorment ou apprenent le commerce des 7 ou 8 ans. La ce sont les echarpes en soie qui voisinent avec les tee-shirts, les objets brodes par les femmes hmongs, des bijoux en argent, des pipes a opiums, des piastres francaises, tout pour le touriste avide de souvenir (c'est joli, il faut le dire, bien que peu varie)
Pour diner, il ya une petite allee au bout du marche ou l'on peut acheter de la soupe de nouilles, des douceurs a la noix de coco ou a la gelee de fruits, des brochettes de poulet ou de poisson servies dans des feuilles de bananier et encore bien d'autres specialites odorantes.
 
 
Et puis bien sur, des temples. Jamais je n'ai vu autant de temples, au milieu de la ville, perches en haut des collines, petits et grands wats aux toits ouvrages en petites tuiles vernisses, portes sculptees rouges et or, bouddhas de toutes tailles et dans toutes les positions, autour desquelles s'affairent les bonzes... s'affairent n'est peut pas le mot car ils sont souvent couches, ecrases de chaleur. Car il fait ici bien plus beau qu'a Vientiane, et en une semaine, je n'ai pas vu la pluie, les montagnes avoisinantes retenant les nuages.
 
Tout autour de la ville, il y a la nature si verte, peuplee de toutes sortes de petits lezards, d'araignees grosses comme ma main, de papillons si enromes que l'on pourrait presque les confondre avec des colibris... Il y a aussi des ours et memes quelques tigres dans les forets avoisinantes... C'est l'un des rares pays en Asie du Sud Est ou il reste une vraie faune, helas fortement menacee par la deforestation galopante, essences rares que l'on coupe bien trop vite au profit des pays voisins qui ont eux presque epuise leurs ressources...
 
En route pour la grotte de Pak Ou ou l'on trouve 4000 bhouddhas, l'on remonte le Mekong sur un bateau lent, une longue barque a fond plat. La nature grandiose se deploie sur les deux rives, des falaises abruptes de calcaire que l'on dirait decoupees a la machette, ou alors des monts arrondis couverts d'une vegetation luxuriante, des arbres imposants sur lesquels se drapent des liane. Il y a meme des plages de sable au bord de l'eau. Les flots sont boueux, d'un brun vert qui contraste avec la riviere Nam Kane, carrement ocre. Parfois un petit serpent epais comme un crayon file a la surface de l'eau. Au detour d'une boucle de riviere, un elephan surgit de la jungle avec son cornac -ici on dit un mahout- , avec ce regard un peu triste de ces geants qui etaient autrefois des millions et ne sont aujourd'hui plus que quelques milliers au Laos, principalement employes par l'industrie touristique. De petits villages perches sur les hauteurs emaillent le parcours; on y trouve de jolies maisons de bois souvent sur pilotis, des femmes qui tissent sur d'antiques metiers, des poulets et coqs desoeuvres, des distilleries artisanales d'alcool de riz.
Arrivee a la grotte , on monte les escaliers tailles dans la roche. Il y a des enfants sur les bords des marches qui vendent des oiseaux captifs a liberer en faisant un voeu -pauvres oiseaux-,  des bracelets porte bonheur ou des porte clefs pour les plus fortunes... ou des cailloux. Pas meme de jolis pierres aux couleurs superbes, juste des galets polis par la riviere... quand on n'a rien a vendre!!!
 
Mais il est temps de repartir. Ce soir, je teste le bus local pour me rapprocher un peu de la frontiere Chinoise et des ethnies locales, Hmong, Hakas et Lisus, ces tribus qui se groupent entre la Thailande, la Chine et le Laos et tentent tant bien que mal de preserver leurs coutumes contre la maree touristique qui vient visiter leurs villages comme on va au zoo.
 
 

 

par Anne-Catherine publié dans : Laos
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Mercredi 21 mai 2008
Thailande- Laos ; depuis Bangkok, il m'a fallu 12 heures de train pour rejoindre le 'Pont de l'Amitie' qui relie les deux pays (en dehors d'une querelle autour du bouddha d'emeraude, les deux pays s'entendent plutot bien, sinon le fait que le Laos a parfois peur de se faire manger par la Thailande, omnipresente en Asie du Sud Est). Train presque luxe (non, non, ce n'est pas la premiere) ou un employe vient faire votre lit avec des daps frais, et l'on vous apporte des boissons a bord si vous le souhaitez. Helas, il n'y a pas de trains au Laos, c'est donc la deniere fois avant un moment aue je voyage dans ces conditions...
C'est un train de nuit, mais le matin au reveil, derriere les vitres, ce sont les paysages de l'Asie comme je l'aime, terre rouge, glaise humide parsemee par des champs ou des rizieres d'un vert acide dans lesquelles on trouve beaucoup de buffles surveilles parfois par des paysans en chapeau de paille, etangs couronnes de nenuphars blancs et roses, bouquets d'arbustes domines par des palmiers trapus. A l'arrivee du train, il faut faire une combinaison de touk touk, pedibus et minibus pour passer les deux frontieres jusqu'a se retrouver a Vientiane. Le bus traverse le Mekong; c'est la premiere fois que je traverse ce fleuve mythique, et bien qu'il soit boueux, ca fait quelque chose. La capitale est un gros bourg a l'air paresseux... Les noms des rues y sont en Francais et en Laotien, les boulangeries servant des baguettes et des croissants au gout authentique abondent... Je vais d'abord retirer de l'argent ; ca y est, je suis millionaire! Je decide d'en retirer des le lendemain pour le plaisir d'etre multimillionaire (mais je suis tres depensiere puisque a midi, j'ai mange pour 14 000 kips... soit pres d'un euro!)

Nous visitons la ville avec Maru, une Japonaise rencontree au poste frontiere... etudiant la cuisine Thai a Bangkok, elle parle plutot bien la langue ce qui est un gros avantage car le Laotien et le Thai sont suffisament proches pour qu'ils se comprennent. Nous deambulons dans les rues, On s'arrete pour acheter des fruits, pour manger un morceau aux carrioles stationnees au coin de rue (succulent), pour visiter le marche ou voisinent les gadgets electroniques, les souvenirs a touristes, les articles de la vie courante, les chales brodes en soie, les pieces d'argent anciennes, des montagnes de stylo et cahiers...
Le soir, on va boire une biere sur les terrasses en bambou installees sur le bord du Mekong et on regarde le soleil se coucher et les grillons se reveiller en meme temps que les moustiques. Les hauts parleurs deversent un peu de musique, vieux rock americain bientot remplace par de la pop laotienne sirupeuse. Mais ce n'est pas deplaisant, il fait bon, les vendeurs ambulants viennent nous proposer des poissons grilles ou seches ou des ballons, la vie est douce.
Plus tard, c'est Baruch, un sud africain, qui vient me raconter sa vie; marie neuf fois, entraineur de foot pour les enfants thailandais, ayant gagne des millions qu'il a redisribues, il a decline une invitation pour rendre visite au roi de Thailande, est sorti d'hopital avec un certificat de bonne sante mentale (sic) puis s'est fait renverser en moto ce qui lui a ote l'usage du petit doigt gauche, (aussi ennuyeux pour jouer au golf qu'au piano), tandis que deux de ses cinq personnalites ont ete expulsees de son corps sous le choc, les plus amusantes helas... Et il continue sur une petite offre de massage tout en me demandant si j'ai trouve le sens de la vie et repondu a toutes les questions que je me posais. Pfouh...... Les rencontres sont le sel des voyages. Parfois cocasses, parfois necessaires, d'autres un peu penibles. Dommage que la barriere de la langue rende les contacts plus difficiles avec les gens du cru qu'avec les routards.
Le lendemain, depart sous une chaleur de plomb. Munies de nos ombrelles (indispensables pour eviter le coup de chaleur), nous traversons la ville, tranquille pour un samedi matin. Les enfants et les adultes nous saluent, juste pour le plaisir de dire bonjour, 'Sabai Dii'. On passe devant des tas de temples d'ou sortent des bonzes de tout ages avec leurs incontournables ombrelles. C'est tres joli, j'aimerai bien les prendre en photo mais je crois que ce serait un peu leur manquer de respect, alros je mets juste l'image dans ma tete, avec toutes les autres images incroyables que j'ai amassees depuis le debut de ce periple. Un conseil a ceux qui me lisent ; faites vos besaces et partez autour du monde, il y a tant de choses incroyables a voir, a gouter... (oups, Christophe, tu fais comme si tu n'avais rien lu!), mais l'uniformisation est en train de gagner partout, helas.

Apres Vientiane, Van Vieng... Un petit village magnifique niche au milieu d'un paysage verdoyant, entre des pics/pains de sucre calcaires de roches noires au relief tourmente. Un decor hollywoodien, ambiance de bout du monde. Devant l'hotel coule la riviere Nam Ou, limpide et peu profonde ou se baignent les enfants joyeux. Les paysans la traversent a pied, et je comprends plus tard que c'est parce que la plupart des ponts sont payants (deux ponts sur les trois qui existent, le troisieme etant trop fragile et etroit pour paaer en carriole. Van Vieng n'est pas un bien grande ville, deux rues principales tout au plus. Nous louons un velo et partons decouvrir les grottes qui se nichent dans les pains de sucre. Un court trajet sur une piste defoncee puis dans l'herbe humide et glissante, et nous arrivons au pied de la falaise. Apres une montee dans des rochers plutos escarpes ou l'on se demande si l'on ne va pas se casser la figure, nous voici a l'entree de la grotte. Boyau etroit, quelques metres, puis un vide recouvert par quelques grosses tiges de bambou glissantes. Ce n'est pas le moment de tomber au centre de la terre! Au fond de la grotte, il regne un silence etourdissant. Le petit pinceau de nos lampes de poche decouvre des stalagtites veinees de blanc et de rose, comme des fleurs geantes scuptees dans la roche. Heureusement que nous sommes deux, car il n'y a rien ni personne que nous ici, que ce silence et cette obscurite propices a toutes sortes d'idees de monstres tapis derriere un rocher...
Pendant notre visite, la pluie s'est mise a tomber, si forte qu'elle obscurcit completement le paysage. Impossible de redescendre tant que la pluie ne s'est pas calmee, nous attendons donc la fin de l'averse. C'est l'inconvenient avec la saison es pluies, on peut etre quasiment sur qu'il va pleuvoir chaque jour, mais on ne sait jamais a quelle heure et pour combien de temps. Heureusement, la pluie s'arrete et le paysage se devoile peu a peu, pics aceres couverts de vegetation autour desquels s'enroulent et se deroulent de longues echarpes de brume. On dirait que le monde vient d'etre cree. Mais il faut redecendre, en s'accrochant aux branches et aux rocs pour ne pas tomber (mais en verifiant a chaque fois que l'on ne met pas la main sur une bete qui mord ou qui pique; on est vraiment dans la jungle, et avec le soir qui approche, les bruits animaux se font plus presents autour de nous). La pluie reprend a peine arrivees aux velos, et il faut repartir sur la piste detrempee en tenant le guidon d'une main et le parapluie dans l'autre. C'est surement tres joli, mais je derape deux fois avec tres peu de grace.

Maru repart le lendemain, et je continue mes explorations de la campagne environnante. Une autre grotte au sommet d'un pic d'ou l'on voit un grand bout de vallee, la riviere qui s'etire paresseusement, les arbres aux fleurs oranges qui ponctuent tout ce vert rendu si intense par l'humidite permanente.

Je me dirige ensuite vers Luang Prabang. Quel voyage; 9 heures de bus qui en paraissent 20. A partir de Van Vieng, la route s'elance  vers les collines, presque droite au debut, puis de plus en plus tortueuse au fur et a mesure que l'on grimpe a l'assaut des montagnes. La vegetation change, beaucoup de petits bananiers et de bambous, puis l'on trouve des plants de mais, de tabac peut etre, ou d'opium car l'on en cultive dans la region (mais je ne saurais trop a quoi ressemble le pavot sans ses fleurs). Lors d'une des haltes, un petit groupe d'enfant arrive autour des occupants du bus, 5 ou 6 ans, sales et souriants d'un air timide. Alors qu'une fille leur tend la mangue qu'elle vient d'acheter, ils se ruent dessus et l'engloutissent en moins d'une minute, avant de se retourner avec des yeux pleins d'espoir vers les autres occupants du bus. Ceux la doivent attendre les bus pour manger a leur faim! Ce n'est pas la misere envahissante de l'Inde, c'est peut etre pire... et pourtant, ils sourient, ils remercient. Les chiens se tiennent un peu en retrait, attendant peut etre leur tour!!! Le bus repart sur les lacis de la route, dans la brume; c'est un vehicule VIP, c'est dire (j'aurais pu prendre un bus local, encore plus long et moins confortable). Fauteuils un peu defonces, fenetres qui ne ferment pas tout a fait, au bout de quelques heures, on a le corps aussi rigide qu'une planche. Tournant apres tournant, on traverse la montagne avec l'impression que cela ne va jamais finir. Et dire que je n'ai pas d'autre choix pour continuer mon periple vers le nord, misere. Je pense que je vais essayer les massages Laotiens pour restaurer mon dos. Enfin, nous sommes arrives a Luang Prabang, le dos en miette, poussiereux. Heureusement, une bonne douche et une soupe de nouille plus tard, tout cela est presque oublie.
Luang Prabang! Un joli nom pour une si jolie ville, plus petite encore que Vientiane, et infiniment plus charmante. L'essentiel de la ville se concentre sur quelques rues entre les rivieres Nam Ou et le Mekong qui se rencontrent au bout de la ville. Le rythme est lent, relax, a l'image du Laos. Je crois que je vais rester quelques jours ici pour en profiter.
A bientot.
par Anne-Catherine publié dans : Laos
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Samedi 17 mai 2008



Ca y est, bravant la lenteur du reseau, j'ai enfin reussi a mettre des photos d'Inde en ligne... Tout est dans l'album, sauf les legendes, ce sera pour un autre jour.

par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Jeudi 15 mai 2008
Entre deux averses si violentes que l'on n'attend plus que Noe avec son arche, je visite un peu la ville, avec mon nouvel accessoire fetiche, un parapluie (aussi efficace contre le soleil que la pluie). La chaleur est certes moindre qu'a Delhi (45 ces jours ci), il ne fait qu'une petite trentaine de degres, mais avec plus de 75 % d'humidite dans l'air, on est soit trempe par l'eau qui vient du ciel soit sa propre sueur....
Ayant jure d'eviter les touk touks tant que je le peux, je me deplace en bateau. La ville est traversee par la Chao Praya, large riviere envahie peu a peu par les jacinthes d'eau, sur laquelle a lieu un etonnant ballet fluvial ; enormes barges transportant du sable, 'longtail' boats tout fins et vivement colores, jolies embaracations pour touristes ou ferries pour traverser. Le bateau-bus, bien pratique et au cout derisoire, ne s'arrete que quelques secondes a chaque arret et il faut vite sauter a bord en compagnie de quelques touristes, beaucoup de thailandais -surtout aux heures de pointe-, les ecoliers en uniformes sage et des volees de moinillons (ou plutot bonzillons) en robes orange vif. Il ya bien quelques enfants qui se baignent, mais ce n'est pas le Gange ( bien plus propre). C'est en tous cas un moyen amusant de visiter une partie de la ville immense, de voir un peu de la vie qui se deroule le long de ses berges (il faut cependant s'enfoncer plus loin dans les canaux paralleles pour voir les marches flottants).
Je visite quelques temples, ou Wats, car il y en a partout ici. Tres colores avec de grands toits pentus qui se terminent par de sorte de cornes semblables au cou gracile des antilopes. C'est a la fois joli et tres kistch. On glisse entre des structures ultra decorees de miroirs, de mosaiques, de peintures, de ceramiques colorees, de frises... Dans l'un, un alignement d'environ 400 bouddhas sous des arcades, ou encore un bouddha couche gigantesque, ou le tout petit bouddha d'emeraude dont le roi lui-meme change les vetements a chaque saison. Des temples, des bouddhas, encore des temples... je ne suis pas loin de froler l'indigestion, peut etre a cause de ce milieu urbain qu'est Bangkok. C'est tres propre (certainement plus que Marseille) mais un peu trop pollue et bruyant a mon gout. Heureusement, les thailandais sont vraiment adorables, souriants et toujours prets a depanner s'ils le peuvent.
 
On voit ici beaucoup de couples 'mixtes', c'est a dire d'occidentaux plus ou moins jeunes et bedonnants invariablement accompagnes de jeunes thailandaises a l'air timide et desabuse a la fois. Combien d'histoires d'amour contre de tristes echanges tarifes? Peut-etre suis-je en train de devenir cynique,  c'est pourtant un mal connu de ce pays (meme si la prostitution enfantine a largement recule, heureusement...). 
 
Je continue mes balades, interrompue parfois par des deluges monumentaux, qui ne semblent pourtant guere perturber les gens d'ici. Il semble qu' il soit possible de manger partout et tout le temps. La variete des mets offerts est impressionnante. Ma guest house etant situee pres d'un marche le long d'un petit canal, j'explore les etals avec curiosite;, il y a toutes sortes de poissons aux gueules prehistoriques, vives anguilles (du moins je crois que ce sont des anguilles), poisson-chats enormes et patibulaires, grenouilles orangees a l'air resigne, et des  creatures aquatiques dont je n'imaginais pas meme l'existence avant de les croiser toutes fretillantes au fond de leur bacs. Il ya aussi des legumes et de fruits, souvent inconnus sous nos latitudes; de minuscules oranges dont on fait un jus tres gouteux, des racines, des feuilles, des fruits roses et coniques qui semblent porter des nageoires, les  classiques mangues, ananas, bananes, des ramboutans - une sorte de gros lichee a poils absolument delicieux- ou les mangoustans dont la coque violacee livre un fruit banc et parfume a la douceur de loukoum, et encore de minuscules piments dont la force est sans doute inversement proportionnelle a la taille...
Et puis il y a partout de petites carrioles dont chacune propose une specialite differente, du jus de noix de coco, des fruits en gelatine, des brochettes, des raviolis vapeur, des poissons grilles... une tentation toute les dix metres (prix imbattables, un repas revenant environ a 50 cts d'euro). Je me lance ; premiere delicieuses brochettes a la viande et haricots que je croque goulument... Oups, ce n'est pas un haricot mais un piment, pas doux. Vite, un ramboutan pour apaiser le feu qui vient de me couler dans l'estomac. Deuxieme essai, je choisi un plat dont je ne sais pas vraiment ce qu'il contient... re-piment, et ce n'est pas de la blague, mes levres ont double de volume et je sens un doux gresillement du cote de l'oesophage... Heureusement que j'aime a nourriture epicee mais je risque de revenir en France avec un estomac troue comme une passoire. Au troisieme essai, j'admire beaucoup les petits piments mais les laisse prudemment de cote; d'ailleurs, il y a une maladie ici que l'on appelle le 'Bangkok belly' c'est a dire l'estomac detraque par l'abus de biere ou de piment...
 
Un crochet par KhaoSan Road, le quartier 'routard' , selon le Routard justement. Gloups, c'est du routardisme de masse sur fond de biere et de techno balancee a fond... ; plein de djeunes a l'uniforme identique de rebelles, dreadlocks faites sur place, tatouages baveux, tee-shirt a message, en train d'acheter des souvenirs, c'est a dire de la contrefacon au kilometre entre quelques gadgets 'authentiques' ramasse poussieres...
Pas vraiment ma tasse de the, mais ils ont l'air de s'amuser... Decidement, je n'aime guere les grandes villes et ses plaisirs artificiels trop manufactures. Je reviens vers ma petite gust house, un peu excentree, pas vraiment dans le meme esprit.
 
Et ce soir, j'aurai l'occasion de comparer les trains Thailandais aux trains Indiens car j'embarque pour la frontiere Laotienne. Si tout se passe bien, demain a Vientiane.
 
 
 
par Anne-Catherine publié dans : Thailande
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Lundi 12 mai 2008
Bangkok, nouvelle etape
M'y voici pour 5 jours, le temps d'obtenir les visas pour Laos, Cambodge et Vietnam.
Il y fait bien moins chaud qu'en Inde, mais beaucoup plus humide, la saison des pluies ayant commence, c'est a dire qu'il pleut toute la journee de grosses gouttes chaudes. L'occasion de constater que la ville a bien change depuis ma derniere visite en 2002, aeroport ultra moderne et routes ressemblant a celles des villes americaines, 3h30 de vol depuis Delhi mais je suis deja dans un autre monde. Je n'ai pas encore vu grand chose mais je me delecte deja de la nourriture delicieuse et des montagnes de fruits frais. Et je suis redevenue anonyme, ouf!!!
 
Merci a tous pour vos petites commentaires, ca me fait bien plaisir de vous lire et j'attends la suite avec impatience ;)
par Anne-Catherine publié dans : Thailande
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Lundi 12 mai 2008
Chaque ville que nous avons visite a son caractere, son atmosphere, son charme particulier. Benares, ou Varanasi comme elle s'appelle maintenant, ne deroge pas a la regle... C'est vraiment une ville a part. En fait, deux villes distinctes. La ville 'moderne' autour de la gare ressemble a beaucoup d'autres villes Indiennes, ballet de voitures, touks touks, pousse- pousses ou charettes a bras qui se croisent sur des arteres plus ou moins grandes et egalement defoncees et sans charme particulier. Et puis il y a la vieille ville, ancienne et sacree, envoutante. Benares, c'est d'abord le Gange qui la traverse paresseusement; d'un cote les ghats, en face des bancs de sable. Chaque ghat a son usage, il y a celui pour les lavandiers, celui des ablutions, en endroit pour la priere du soir, des ghats reserves aux femmes et d'autres aux musulmans, et bien sur, les ghats de cremation. Nous etions juste a cote de ce dernier, Manikarna ghat, endroit sacre s'il en est ou tout Hindou reve de se faire incinerer pour en finir avec le cycle des reincarnations. On y brule les corps avec un feu dont on dit qu'il ne s'est pas eteint depuis plus de 3000 ans. C'est un drole de spectacle, ce petit ghat borne par d'enomes piles de bois -plus ou moins couteux selon s'il brule bien- ou regne une activite incessante, Une dizaines de foyers brule en permanence. Dans les ruelles alentours, on croise parfois les processions portant des corps sur une civiere, enveloppes dans les linceuils blancs pour les hommes, rouges pour les femmes ou dores pour les vieux. On s'efface devant le cortege qui arrive au ghat; le corps est depose sur le bucher, asperge de fluide, le fils aine doit tourner autour 5 fois, puis le feu est mis qui sera entretenu jusqu'a la combustion complete.
Nous sommes restees la un moment, un peu en retrait sur les marches que l'on partage avec vaches, chevres et tous ces 'professionnels' de la mort qui boivent placidement leur tchai a cote des brasiers permanents. Pas assez pres sans doute pour voir ces visions d'horreur que racontent d'autres routards, l'image d'un corps en train de se calciner quand le linceuil a brule... il fallait sans doute se rapprocher plus pres, mais voila, nous n'en avions pas vraiment envie, on se sent deja un peu voyeur... il ne nous viendait pas a l'idee de nous asseoir dans un cimetiere francais pour voir les ceremonies d'enterrement de personnes que nous ne connaissons pas. A Benares pourtant, et en Inde, la vie et la mort semblent plus etroitement liees que chez nous, moins honteuse... En fait, la vie y apparait plus brute, sans tous ces filtres que le monde moderne s'efforce d'y appliquer, la misere y est apparente, presque etalee, et le luxe ostentatoire, les odeurs de charogne se melent a celle du jasmin, des femmes sublimes cotoient des estropies, et les vieillards edentes ont tous des portables...
Encore quelques pensees sur la transience de l'existence, et puis nous partons explorer le reste de la ville. Les ruelles qui s'etendent derriere les ghats donnent une bonne idee de ce que devait une ville au moyen age. Labyrinthe incroyable de venelles si etroites que dans beaucoup, on peut a peine se croiser, odeur pestilentielles d'urine, de bouse et des tas d'autres effluves non identifiees... On tourne a droite, a gauche, demi tour parce que c'est un cul de sac ou qu'un groupe de vaches obstrue le chemin (j'ai fait des progres et croise ces dernieres sans trop de frissons, sans doute parce que les vaches indiennes sont nettement plus placides que nos Holstein), le sol est infect entre les dejections, les multiples crachats -car tous ici semblent chiquer du betel pour le cracher ensuite en grosses taches rouges-, des immondices de toute sortes... Pas ou peu d'echoppes, juste des couloirs qui semblent ouvrir dans les cours des maisons. Qu'y a t-il derriere, mystere?
On finit par revenir vers des ruelles plus commercantes ou l'on trouve de tout et de rien, tee-shirts a l'effigie de Ganesh, cartes postales, chapelets, colliers de verroterie ou encore necessaires pour la cremation comprenant les linceuils dores et les guirlandes de fleurs oranges et jaunes ... On se fait heler mollement, ici on n'est pas a Agra et la foule n'est pas la meme, et puis la chaleur regne encore qui rend les gestes lents et les klaxons des motos moins vifs.
Le soir, nous allons vers le 'main ghat', l'un des plus central ou tout le monde semble finir par venir trainer; ambiance relax , les enfants jouent, les chiens se roulent dans la poussiere, les boucs poursuivent de petites chevres noires et blanches, les vendeurs proposent leurs tours de bateau, massages Kama Sutra ou autres specialites... On s'assied sur les marches pour regarder couler l'eau et les bateaux amenant les pelerins aux atours colores de l'autre rive... C'est paisible. je regarde derriere nous. Voila pres de trois semaines que nous sommes en Inde,et notre oeil s'est un peu blase, mais je realise soudain a quel point le spectacle autour de nous est incroyable et different de tout ce que nous connaissons... les odeurs delicieuses ou putrides, les couleurs invraisemblables des saris, le melange de musulmans de blanc vetus, de saddhus en loques mais beats, de colporteurs roublards, de pelerins et de routards, entre lesquels evoluent les animaux, singes, chiens, vaches chevres ... C'est un concentre de l'Inde, ce chaos organise, qu'il est difficile d'imaginer tant que l'on n'y est pas alle.

Nous realisons que les marches sur lesquellles nous sommes assises sont celles sur lesquelles a lieu la ceremonie de la Puja qui a lieu le soir ; une petite foule s'affaire a preparer le lieu, tresser des guirlande de fleurs autour des poteaux qui se dressent devant le Gange, nettoyer les cinq autels sur lesquels vont officier les pretres, decorer la statue de la divinite avec des fleurs, disposer devant des coupes de graines, fruits et legumes frais. La cermonie commence et nous sommes au beau milieu. Cela dure pres de deux heures et c'est l'un des moments les plus magiques que j'ai vecu en Inde... peut etre parce que nous sommes au milieu des Indiens qui pour une fois ne songent pas a nous vendre quoi que ce soit et nous regardent a peine (sauf des enfants qui nous font des sourires), parce qu'il regne une ferveur intense. Mias la ceremonie bat son plein. Un chanteur a la voix de velours qui s'accompagne d'un petit harmonium portable pour rythmer une melopee extremement prenante tandis cinq pretres vetus de safran accomplissent avec une grace infinie le rituel qui est une choregraphie avec des coupes argentees en forme de serpent contenant de l'huile en feu, des conques, des poignees de petales ... L'on remet la lumiere au fleuve... une procession de petite lampes a huile entourees de fleurs roses s'en vont en dansant sur le courant. Des petites clochettes tintent en permanence, en fermant les yeux, on rentre presque en transe. Que j'aime l'Inde a cet instant la!
Le lendemain a l'aube, nous allons nous promener en barque sur le Gange; les ghats defilent. Main ghat, spectacle incroyable des pelerins venus se purifier dans l'eau dans laquelle il faut s'immerger cinq fois avant de boire une gorgee puis eventuellement de se laver. Incroyable d'abord quand on voit l'eau qui, si elle est sacree, est aussi sacrement... crade, Il y traine toutes sortes de dechets, et meme aux dires de certains, les 'restes' de cremation. Cela ne perturbe nullemnt la foule qui se baigne, se brosse les dents, se lave les cheveux, les enfants qui nagent avec ravissement. Les femmes rincent les saris puis les etendent a secher sur les marches et l'on ne peut s'empecher de mitrailler tant cela est beau... Oui, Benares est une ville a part, folle et si paisible a la fois, mystique c'est sur. On ne regrette pas les 20 heures de train pour y arriver>

 Nous sommes revenues a Delhi en train, premiere classe, petit luxe pour signer la fin du voyage. Le contraste entre les premieres et les 'dernieres classes', bancs de bois durs, fenetres a barreaux et cohue indescriptible prenant les places d'assaut, est saisissant. Nous avons un compartiment moquette pour nous et sans doute plus de personnel dans le wagon que de voyageurs. On nous propose a diner, de l'eau, du the, du cafe, du jus... chaque employe ayant sa fonction specifique... et chacun se plantant indefiniment a la porte apres sa prestation jusqu'a ce que nous comprenions qu'il attend un pourboire. Le grand luxe et une climatisation feroce, car nous avons passe une nuit transies par 16 degres... Arrivees a Delhi, on se dit que la ville a ete changee pendant notre absence, tout parait infiniment plus moderne et propre apres notre periple; il fallait voyager ailleurs pour saisir a quel point la capitale de l"Inde est infiniment plus moderne que ses campagnes.
Derniere viree shopping... comment resister a toutes ces etoffes magnifiques, broderies sur soie, coton tisse a la main, eventails a pompons... Florence/Natacha fait son sac, bourre a craquer de quelques merveilles, et puis en route pour l'aeroport. Tandis qu'elle embarque pour Paris et son anonymat (il n'y aura sans doute personne a Paris pour lui courir apres afin de lui demander une photo ou lui serrer la main), je prends la destination de Bangkok. J'ai renonce a l"inde du Sud pour l'instant en raison de la chaleur epuisante, et les cols du Laddakh ou je voulais aller ne sont pas encore ouverts car sous la neige (frontiere du Nepal et de la Chine, altitude moyenne 3500 metres)... Peut-etre y reviendrais-je en Juillet pour un trekk pres du toit du monde.
Je quitte l"inde avec une drole de sensation ; pays incroyable, merveilleux et parfois detestable, je n'ai jamais rien vu de pareil dans tous mes voyages. Envie d'y revenir et soulagement de partir quelques temps parce que ces trois semaines ont ete fatigantes, entre chaleur, harcelement et deplacements parfois interminables. Mais nous en avons pris plein les yeux, les narines et les oreilles, et je garde encore au bout des doigts le souvenir de la douceur du marbre des temples et des etoffes qui en font un veritable paradis de la couleur.
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Mardi 6 mai 2008
AGRA...
 
Levees a l'aube... ciel plombe aux couleurs de metal. Nous sommes tout pres du Taj Mahal vers lequel nous nous dirgeons a 6h du matin, fieres d'etre debout si tot. Visiblement, nous ne sommes pas les seules, deja des masses de touristes. Et dire que ce n'est pas la bonne saison! L'accueil a l'entree est plus qu'infect, ce qui pourrait un peu gacher le plaisir. Heureusement, une fois dans l'enceinte du Taj Mahal (fortement gardee par des militaires arborant de petites mitraillettes), on oublie, car c'est magnifique. Passe une grand porte de gres rouge (comme beaucoup de constructions visitees jusque la,, meme architecture Moghole alors a son apogee que les forts visites les jours passes), le tombeau s'eleve dans un immense et magnifique jardin. Les touristes en majorite Indiens ajoutent une note de couleur a l'imposant monument de marbre blanc... Je craignais un peu que la reputation du lieu ne  soit surfaite, mais en faisant le tour, puis en penetrant a l'interieur pour admirer le travail de sculpture, on ne peut se dire qu'une chose; c'est parfait!!! La legende dit que l'empereur, epoux de Mumtaz Mahal, fou de douleur a sa mort, ait convie le plus celebre architecte perse et assassine la fiance de ce dernier pour qu'il comprenne sa douleur et soit capable de concevoir cette merveille... Peut-etre n'est qu'une legende, mais les sculptures de marbre blanc incustees de pierre ou de marbre polychrome, les bas reliefs aussi en marbre sont plus delicatst que tout ce que nous avons pu voir jusque la, on est bouche bee, avec l'envie de caresser les pierres pour sentir leur douceur polie sous les doigts... Tout est symetrique, les courbes sont delicates; c'est moins imposant qu'o ne ne l'imagine de l'exterieur mais neanmoins superbe.
Dans le jardin, des oiseaux de toutes sortes (dont les petits perroquets verts a queue turquoise, d'enormes rapaces -peut-etre des aigles et les enormes corneilles indienness aux plumes bleutees), des singes, des ecureuils, et ... une tondeuse a gazon tiree par des boeufs.
On en ressort emerveillees...
Helas, Agra, en dehors de ses monuments (et surtout juste devant), c'est le harcelement des vendeurs. Impossible de faire deux metres sans etre accostees... A peine sorties du Taj Mahal, ils nous tombent dessus comme la vermine sur le bas clerge.
Petite parenthese pour ceux a qui j'aurais pu laisser penser que nous faisons un voyage a Disneyland. L'envers de la medaille en Inde, c'est le harcelemet permanent. D'abord par les vendeurs de souvenirs et colifichets, (souvent jolis, mais plus souvent encore a des prix ridicules) ainsi que leurs accolytes les conducteurs de rickshaw qui marchent souvent a la commission. Dans certaines rues, on est interpelles par TOUS les vendeurs, tandis que chaque conducteur qui nous depasse essaye de nous vendre un tour en chameau, en velo, en rickshaw et j'en passe. Au bout de la rue, on finit par ne plus repondre sous peine d'etre grossieres (dire non semblant marcher comme une invite, il vaut mieux jouer aux muettes).
Il y a ensuite la misere et son exploitation organisee... Ce sont presque toujours des femmes avec des enfants en bas age (pas forcement le leur parait-il) ou des enfants en loques ou encore des hommes si contrefaits qui'ils ne peuvent marcher qu'a quatre pattes ou en rampant qui nous approchent. Tous ceux la convergent des qu'ils voient un visage europeen. On se sent evidemment affrusement mal, il parait pourtant que cette misere la est bien organisee et que l'argent que l'on pourrait leur donner n'ira de toutes facons dans leur poches... Alors on refuse, parfois mechamment parce que l'on est excede, tout en ne pouvant s'empecher d'avoir l'estomac noue en voyant un petit vieux aux bras decharnes et visiblement au bout du rouleau qui dort sur un bout de trottoir, enjambe par les passants... Une visite en Inde remet notre petit confort en perspective
Il y a enfin les hommes... Il faut savoir que les femme ont un statut equivalent a pas grand chose en Inde (cela change pour la classe moyenne, heureusement). Conjugue avec le manque cruel de femmes (avortements et autres suicides volontaires creant un gros desequilibre), tout cela fait que l'on a l'impression d'evoluer dans un monde etrangement masculin. Nous n'avons quasiment jamais rencontre de femmes dans un commerce (hormis les clientes), aucune travaillant dans les restaurants... elles sont comme des fantomes que l'on voit faire le marche ou balayer leurs terrasses et le devant des portes, ou eventuellement employees sur les chantiers a transporter la terre dans d'enormes coupes posees en equilibre sur leurs tetes... Quant a nous, malgre nos tenues ultra conservatives (couvertes litteralement des pieds a la tete avec juste les cheveilles et les poignets qui depassent), impossible de s'assoir sans avoir tout de suite une petite cohorte 'd'admirateurs' qui se plantent a cote et nous devisagent interminablement, nous helent dans la rue avec des gestes lascifs, nous suivent parfois, ou essaient de nous toucher... Cela est pqrfois vraiment insupportable, et sans doute la chaleur permanente qui regne n'ameliore t-elle pas notre degre de bonne humeur. On a beau faire les pimbeches et les rembarrer, cela ne les decourage qu'a peine...
 
Je clos la parenthese, pour remarquer cependant que c'est a Agra, la ville la plus touristique de l'Inde, que cela a ete le plus penible... D'ou le prix citron, decerne tant pour le degre de penibilite que pour le manque d'amabilite qui est une autre constante.
 
Malgre cela nous avons vu le fort rouge d'Agra (colossal, encore une fois cela donne une idee de la puissance de l'empire moghol qui a regne un temps sur l'Inde et laisse des forts demesures, toujours imposants mais jamais massifs, avec souvent de jolis jardins et des enfilades de passages, petits temples de marbres blancs sculptes...)
 
Nous partons le soir pour prendre le train de nuit qui nous menera a Benares. Une tempete chaude s'est leve, secouant les arbres et faisant valser la poussiere. La mousson approche a grands pas et l'on finit par quitter l'hotel dans l'obscurite zebree de grands eclairs, tandis que les premieres gouttes aveuglent le conducteur du rickshaw.
La gare le soir est aussi animee que le jour. Des tonnes de monde massees sur les quais, traversant regulierement les voies pour transporter des bagages, des paquets, des beignets, de l'eau, leurs enfants... Les porteurs trimballent deux ou trois valises en equilibre sur leur tetes, tandis que les employes des wagons lits tirent des ballots de linge si enormes et si lourds qu'ils semblent glisser sur le sol plutot que de trainer leurs carrioles. Quand enfin un train arrive, c'est la cohue, tout le monde se bouscule, les vendeurs d'eau et de nourritures se mettent a crier en remontant les wagons pour proposer leur marchandise. Le train reste souvent a quai entre 15 et 30 minutes, dans le chaos total, et lorsqu'enfin il repart, beaucoup lui courent apres et sautent dedans en marche.
Pas de chance pour nous, le notre est en retard. Les gens sont couches par terre, parfois sur une couverture parfois a meme le sol (qui n'est pas vraiment d'une proprete miraculeuse), quelques rats se faufilent entre les poutres metalliques soutenant le toit de tole ondulee, quelques cafards... un peu plus tard dans la soiree, ce sont les singes qui arrivent, et s'alignent le long du quai comme s'ils attendaient eux-aussi. Il fait chaud et soif, on n'ose pas trop s'eloigner car on ne sait pas quand le train va enfin arriver (et damnation, nous avons bu un coca avant de partir, dont chacun sait les vertus diuretiques!)
Au final, nous avons mis pres de 20h pour rallier Benares au lieu des 12 h prevues... Dur, d'autant que la clim ne marchait pas vraiment bien dans le wagon et que le paysage n'est pas aussi beau que dans le Rajhastan... Plus vert mais comme recouvert d'une couche de poussiere, avec les cours d'eau a sec. Ici les hommes ne portent plus de turbans, les femmes ne sont plus si altieres que dans l'Ouest et c'est dommage car regarder le paysage derriere les vitres n'est plus autant une fete. On arrive a Benares poisseuses, fatiguees...
L'exploration de cette ville si speciale est donc remise a demain.
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Dimanche 4 mai 2008
Jaipur
 
Chaleur...
Premier jour a Jaipur, nous partons sous un ciel plombe (surprenant car depuis le depart de la France, nous avons toujours eu des ciels bleus, ou plutot jaunes en raison du voile de pollution qui plane sur la plupart des villes). On chemine vers la vieille ville en refusant les rickashaws qui ne cessent de nous interpeller, et on passe la premiere porte delicatement taillee dans une muraille ocre qui semble epaisse de plusieurs metres. Tres beau, meme si c'est la que se tient le marche aux poulets... Les malheureuses betes sont entasses dans des cages minuscules, et en s'approchant un peu, on s'apercoit qu'une bonne partie d'entre ellles sont deja mortes dans les cages, sans doute d'etouffement... Gloups, je me demande serieusement si je ne vais pas devenir vegetarienne (ca tombe bien, la nourriture vegetarienne est delicieuse en Inde, bien que manquant parfois de variete dans les gouts).
Nous poursuivons par une artere commercante etrangement deserte; drole de sensation, toutes les devantures sont baissees, la vie semble tourner au ralenti, il n'ya que qulaues hommes assis par terre qui coupent des legumes et preparent des beignets a faire frire dans ces immenses plats remplis d'une friture qui ne semble pas vraiment dater du matin meme...
Nous poursuivons et la vie semble se reveiller au ralenti, les rues sont mornes et tristes... Et puis soudain, on se rend compte qu'il n'y a presque aucune femme dans les rues... et que ce sont surtout elles qui mettent la couleur dans l'Inde.
Il y a quelques jolies facades de pierre et terre ocre, un peu delabrees... Pourquoi Jaipur s'appelle t-elle la ville rose, mystere, car meme sir le soleil peut lui donner d'autres reflets que ceux de ce matin plombe, cest plutot une ville orange.
En demandant notre chemin un peu plus tard, nous comprenons la raison de cette atmosphere pesante; il y a une greve generale due a l'inflation...
Au carrefour suivant, nous croisons Miriam, routarde aguerrie sur les routes de l'Inde depuis 3 mois et demi. Nous passerons la journee avec elle et elle nous apprendra plein de petits trucs (par exemple, l'alliance ne s'arbore pas a l'annulaire mais au doigt de pied, ou encore, les hommes ne touchant pas les femmes il est tout a fait poli de refuser de leur serrer la main, etc...)
Au final, nous visitons quelques monuments bien decevants; le palais des vents (une tres belle facade sur un batiment tres etroit, ainsi nomme car ses multiples fenetres laissaient passer le vent ce qui rafraichit bienheureusement les jours de canuicule comme ceux que nous vivons - mais helas, le batiment est en refection), l'observatoire (sans doute exceptionnal par le niveau de connaissances en astronomie qu'il demontre, mais les explications etant en Hindi, nous ne pouvons pas y comprendre grand chose). Un peu lassee de ces visites, nous nous asseyons au pied d'un grand arbre pour tester le tchai tradionnel. Il s'agit de the noir au lait servi dans des petits verres autour d'echoppes de fortune; les sieges sont en fait de minuscules tabourets faits dans des jantes de voiture recyclees. Nous papotons sous l'oeil plus que curieux des autres consommateurs (aucune femme bien sur) et manquons de provoquer un petit attroupement.
Le soir, visite du palais des singes... un peu a l'ecart de la ville, c'est un petit temple au sommet d'une montee plutot raide; il doit son nom aux multiples singes qui se massent dans la montee vers le crepuscule. Ce sont de peits singes assez agressifs, et nous montons donc les yeux baisses pour ne pas les provoquer... au final, ce sont les hommes le long du chemin qui se montrent beaucoup plus penibles que les singes... (comme d'ahbitude faudrait-il dire, mais j'en reparlerai une autre fois).
Du sommet, la vue est imprenable. Aprs avoir ete dument benie par la gardienne des dieux en residence (j'ai oublie lesquelles, mais il afut dire qu'il y a environ 28000 dieux en Inde) et acquitte notre obole en echange d'un point jaune sur le front, nous contemplons la ville qui s'etend a perte de vue sous une couche de pollution... Jaipur est immense> Heureusement, en hauteur, le ciel est bleu et le silence reposant. Les rapaces planent au dessus de nous, on apercoit les singes en contrebas, des enfants qui jouent... calme factice mais bienfaisant.
Le lendemain, nous visitons le 'Musee des Turbans'. Un grande piece pousssiereuse qui se partage entre des etageres d'objets a vendre pour les touristes qui seraient parvenus jusque la (l'endroit n'est guere connu) et des turbans avec quelques explications. Chacun a une signification, la couleur etant changee selon les mois, les metiers, les evenements familiaux tels que deces ou naissances... certains font plus de 40m  de long, il faut une heure pour les nouer. L'epaisseur du tissu, l'oreille sur laquelle ce dernier est le plus volumineux indiquent encore la caste, la region, si son porteur appartient a une famille royale. Certains y mettent meme peigne, tabatiere, pipe et miroir!!!
Ensuite, la chaleur etant ecrasante, nous decidons d'aller au cinema, allechees par la perpective d'une experience tres differente des cinemas francais (et par l'idee de passer trois heures au frais, il faut bien le dire).Il y a un monde fou devant le cinema, et apres quelques erreurs et regards tres appuyes, nous comprenons qu'il y a une queue reservee aux hommes et une autre aux femmes... surprenant puisqu'une fois dans la salle, nous sommes tous assis ensembles. Il doit y avoir environ 1000 places, et les plus jeunes spectateurs n'ont que quelques mois... ce qui est aussi surprenant, car le film est d'une rare violence. Pur produit Bollywoodien avec de gros moyens qui n'ont rien a envier a ceux des superproductions americaines et un scenario aussi epais que du papier cigarette... Bien que le film soit en Hindi non sous titre, nous avons quand meme compris l'histoire!!! Au final, ce  n'etait pas une experience aussi deroutante que prevu, mais cela a permis encore une fois de voir le decalage entre l'Inde moderne (ultra moderne, car meme si il n'y a pas le moindre baiser dans tout le film, c'est aussi hot qu'un clip de rap) et l'Inde traditionnelle que l'on croise a chaque detour de rue. Deux ou trois siecles semblent separer ces deux mondes...
Voila, le moment est venu de quitter Jaipur... Sans doute avons nous rate beaucoup de choses, mais nous n'y avons pas trouve le charme des autres villes, telles Udaipur ou Jaisalmer. Nous allons maintenant essayer de trouver le bon train pour aller a Agra et le Taj Mahal, joyau de l'Inde et paradis des arnaqueurs...
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Jeudi 1 mai 2008

Nous voici donc a Jaipur, ce qui termine la petite boucle que nous avons faite au Rajhastan. Le lien suivant devrait permettre de suivre notre petite equipee ; http://maps.google.com/maps?f=q&hl=en&q=Rajasthan+India&ie=UTF8&cd=1&geocode=0,26.608514,73.915972&ll=40.245992,70.751953&spn=8.651609,19.511719&z=5

Nous avons donc quitte Pushkar et sa faune heteroclite. Humains de tout poil (saddhus a longue barbe, hippies a longs cheveux...) et ses animaux qui semblent vivre en parfaite symbiose avec les hommes. Chacun se promene dans les rues, les vaches vont se servir dans les magasins, les singes cheminent tranquillement, tandis qu'au carrefour, les dromadaires hautains croisent des caravanes de chevres, seules ou accompagnees... C'est assez magique.
Nous sommes montees dans une belle Ambassador (voiture d'un autre temps) pour retourner a Ajmer. 
En chemin, le conducteur slalome entre les buffles qui occupent la route... Montee dans le train, c'est toujours aussi fou; nous voyageons en classe 'superieure', c'est a dire avec l'air conditionne. Les gares et les trains indiens sont un spectacle assez incroyable, avec des trains longs d'une trentaine de wagons, plus ou moins luxueux, les classes les moins cheres ressemblant assez a des betailleres avec leur fenetres ornees de barreaux metalliques. Trouver son train est une loterie puisque le numero du train ne correspond jamais a ce qui est indique sur les panneaux. Le nom des passagers est en principe inscrit sur des photocopies que l'on colle pres des portes exterieures, chacun son siege, mais jusqu'a present, nous n'avons pas trouve les notres... qu'importe, on voyage plutot bien assis, et chaque arret donne la possibilite de regarder la foule bigarree massee sur les quais (il faut dire qu'ils sont aussi curieux que nous et nous devisagent comme d'etranges creatures que nous sommes).

Arrivee a Jaipur. Tandis que je pose mon sac pour le reequilibrer, je trouve dans la poubelle devant moi... une jambe artificielle au milieu des papiers. Ou est passe celui a qui elle appartenait, nous ne le saurons jamais.

Premier impressions ;  Jaipur est une grande ville, l'une des seules concues par une urbaniste je crois, aux avenues larges et presque occidentales puisqu'on y retrouve quelques enseignes bien connues, comme Benetton, entre lesquelles se logent malgre tout les petits commerces habituels, les tailleurs etant les plus nombreux. Du bruit, beaucoup de poussiere, d'autant que le vent chaud s'est leve. Drole d'impression d'etre a mi chemin entre deux mondes, l'occident et l'inde traditionnelle que nous frequentons maintenant depuis dix jours. Si on ne peut que se rejouir de ce que le progres arrive ici aussi (la misere est criante et permanente), je regrette egoistement tout ce qui va disparaitre avec ;  ce chaos permanent, cette indigestion des sens qui font que l'Inde est l'Inde, aussi insupportable que magique, car ou l'Occident passe, la couleur trepasse.
Mais bien sur, nous n'avons encore rien vu des merveilles que recele Jaipur, le Palais des vents et celui des singes... . Pour l'heure, nous n'avons fait qu'une mini balade avant de rentrer a notre guest house installee dans un ancien palais, petit havre de paix eloigne des klaxons dont le jardin superbe abrite un couple de paons et une foultitudes d'oiseaux dont de superbes perroquets verts...

par Anne-Catherine publié dans : Inde
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