Dimanche 4 mai 2008
Jaipur
Chaleur...
Premier jour a Jaipur, nous partons sous un ciel plombe (surprenant car depuis le depart de la France, nous avons toujours eu des ciels bleus, ou plutot jaunes en raison du voile de
pollution qui plane sur la plupart des villes). On chemine vers la vieille ville en refusant les rickashaws qui ne cessent de nous interpeller, et on passe la premiere porte delicatement
taillee dans une muraille ocre qui semble epaisse de plusieurs metres. Tres beau, meme si c'est la que se tient le marche aux poulets... Les malheureuses betes sont entasses dans des cages
minuscules, et en s'approchant un peu, on s'apercoit qu'une bonne partie d'entre ellles sont deja mortes dans les cages, sans doute d'etouffement... Gloups, je me demande serieusement si je ne
vais pas devenir vegetarienne (ca tombe bien, la nourriture vegetarienne est delicieuse en Inde, bien que manquant parfois de variete dans les gouts).
Nous poursuivons par une artere commercante etrangement deserte; drole de sensation, toutes les devantures sont baissees, la vie semble tourner au ralenti, il n'ya que qulaues hommes assis par
terre qui coupent des legumes et preparent des beignets a faire frire dans ces immenses plats remplis d'une friture qui ne semble pas vraiment dater du matin meme...
Nous poursuivons et la vie semble se reveiller au ralenti, les rues sont mornes et tristes... Et puis soudain, on se rend compte qu'il n'y a presque aucune femme dans les rues... et que ce sont
surtout elles qui mettent la couleur dans l'Inde.
Il y a quelques jolies facades de pierre et terre ocre, un peu delabrees... Pourquoi Jaipur s'appelle t-elle la ville rose, mystere, car meme sir le soleil peut lui donner d'autres reflets que
ceux de ce matin plombe, cest plutot une ville orange.
En demandant notre chemin un peu plus tard, nous comprenons la raison de cette atmosphere pesante; il y a une greve generale due a l'inflation...
Au carrefour suivant, nous croisons Miriam, routarde aguerrie sur les routes de l'Inde depuis 3 mois et demi. Nous passerons la journee avec elle et elle nous apprendra plein de petits trucs (par
exemple, l'alliance ne s'arbore pas a l'annulaire mais au doigt de pied, ou encore, les hommes ne touchant pas les femmes il est tout a fait poli de refuser de leur serrer la main, etc...)
Au final, nous visitons quelques monuments bien decevants; le palais des vents (une tres belle facade sur un batiment tres etroit, ainsi nomme car ses multiples fenetres laissaient passer le vent
ce qui rafraichit bienheureusement les jours de canuicule comme ceux que nous vivons - mais helas, le batiment est en refection), l'observatoire (sans doute exceptionnal par le niveau de
connaissances en astronomie qu'il demontre, mais les explications etant en Hindi, nous ne pouvons pas y comprendre grand chose). Un peu lassee de ces visites, nous nous asseyons au pied d'un
grand arbre pour tester le tchai tradionnel. Il s'agit de the noir au lait servi dans des petits verres autour d'echoppes de fortune; les sieges sont en fait de minuscules tabourets faits dans
des jantes de voiture recyclees. Nous papotons sous l'oeil plus que curieux des autres consommateurs (aucune femme bien sur) et manquons de provoquer un petit attroupement.
Le soir, visite du palais des singes... un peu a l'ecart de la ville, c'est un petit temple au sommet d'une montee plutot raide; il doit son nom aux multiples singes qui se massent dans la montee
vers le crepuscule. Ce sont de peits singes assez agressifs, et nous montons donc les yeux baisses pour ne pas les provoquer... au final, ce sont les hommes le long du chemin qui se montrent
beaucoup plus penibles que les singes... (comme d'ahbitude faudrait-il dire, mais j'en reparlerai une autre fois).
Du sommet, la vue est imprenable. Aprs avoir ete dument benie par la gardienne des dieux en residence (j'ai oublie lesquelles, mais il afut dire qu'il y a environ 28000 dieux en Inde) et acquitte
notre obole en echange d'un point jaune sur le front, nous contemplons la ville qui s'etend a perte de vue sous une couche de pollution... Jaipur est immense> Heureusement, en hauteur, le ciel
est bleu et le silence reposant. Les rapaces planent au dessus de nous, on apercoit les singes en contrebas, des enfants qui jouent... calme factice mais bienfaisant.
Le lendemain, nous visitons le 'Musee des Turbans'. Un grande piece pousssiereuse qui se partage entre des etageres d'objets a vendre pour les touristes qui seraient parvenus jusque la (l'endroit
n'est guere connu) et des turbans avec quelques explications. Chacun a une signification, la couleur etant changee selon les mois, les metiers, les evenements familiaux tels que deces ou
naissances... certains font plus de 40m de long, il faut une heure pour les nouer. L'epaisseur du tissu, l'oreille sur laquelle ce dernier est le plus volumineux indiquent encore la caste,
la region, si son porteur appartient a une famille royale. Certains y mettent meme peigne, tabatiere, pipe et miroir!!!
Ensuite, la chaleur etant ecrasante, nous decidons d'aller au cinema, allechees par la perpective d'une experience tres differente des cinemas francais (et par l'idee de passer trois heures au
frais, il faut bien le dire).Il y a un monde fou devant le cinema, et apres quelques erreurs et regards tres appuyes, nous comprenons qu'il y a une queue reservee aux hommes et une autre aux
femmes... surprenant puisqu'une fois dans la salle, nous sommes tous assis ensembles. Il doit y avoir environ 1000 places, et les plus jeunes spectateurs n'ont que quelques mois... ce qui est
aussi surprenant, car le film est d'une rare violence. Pur produit Bollywoodien avec de gros moyens qui n'ont rien a envier a ceux des superproductions americaines et un scenario aussi epais que
du papier cigarette... Bien que le film soit en Hindi non sous titre, nous avons quand meme compris l'histoire!!! Au final, ce n'etait pas une experience aussi deroutante que prevu, mais
cela a permis encore une fois de voir le decalage entre l'Inde moderne (ultra moderne, car meme si il n'y a pas le moindre baiser dans tout le film, c'est aussi hot qu'un clip de rap) et l'Inde
traditionnelle que l'on croise a chaque detour de rue. Deux ou trois siecles semblent separer ces deux mondes...
Voila, le moment est venu de quitter Jaipur... Sans doute avons nous rate beaucoup de choses, mais nous n'y avons pas trouve le charme des autres villes, telles Udaipur ou Jaisalmer. Nous allons
maintenant essayer de trouver le bon train pour aller a Agra et le Taj Mahal, joyau de l'Inde et paradis des arnaqueurs...