AGRA...
Levees a l'aube... ciel plombe aux couleurs de metal. Nous sommes tout pres du Taj Mahal vers lequel nous nous dirgeons a 6h du matin, fieres d'etre debout si tot.
Visiblement, nous ne sommes pas les seules, deja des masses de touristes. Et dire que ce n'est pas la bonne saison! L'accueil a l'entree est plus qu'infect, ce qui pourrait un peu gacher le
plaisir. Heureusement, une fois dans l'enceinte du Taj Mahal (fortement gardee par des militaires arborant de petites mitraillettes), on oublie, car c'est magnifique. Passe une grand porte de
gres rouge (comme beaucoup de constructions visitees jusque la,, meme architecture Moghole alors a son apogee que les forts visites les jours passes), le tombeau s'eleve dans un immense et
magnifique jardin. Les touristes en majorite Indiens ajoutent une note de couleur a l'imposant monument de marbre blanc... Je craignais un peu que la reputation du lieu ne soit surfaite,
mais en faisant le tour, puis en penetrant a l'interieur pour admirer le travail de sculpture, on ne peut se dire qu'une chose; c'est parfait!!! La legende dit que l'empereur, epoux de Mumtaz
Mahal, fou de douleur a sa mort, ait convie le plus celebre architecte perse et assassine la fiance de ce dernier pour qu'il comprenne sa douleur et soit capable de concevoir cette merveille...
Peut-etre n'est qu'une legende, mais les sculptures de marbre blanc incustees de pierre ou de marbre polychrome, les bas reliefs aussi en marbre sont plus delicatst que tout ce que nous avons pu
voir jusque la, on est bouche bee, avec l'envie de caresser les pierres pour sentir leur douceur polie sous les doigts... Tout est symetrique, les courbes sont delicates; c'est moins imposant
qu'o ne ne l'imagine de l'exterieur mais neanmoins superbe.
Dans le jardin, des oiseaux de toutes sortes (dont les petits perroquets verts a queue turquoise, d'enormes rapaces -peut-etre des aigles et les enormes corneilles
indienness aux plumes bleutees), des singes, des ecureuils, et ... une tondeuse a gazon tiree par des boeufs.
On en ressort emerveillees...
Helas, Agra, en dehors de ses monuments (et surtout juste devant), c'est le harcelement des vendeurs. Impossible de faire deux metres sans etre accostees... A peine
sorties du Taj Mahal, ils nous tombent dessus comme la vermine sur le bas clerge.
Petite parenthese pour ceux a qui j'aurais pu laisser penser que nous faisons un voyage a Disneyland. L'envers de la medaille en Inde, c'est le harcelemet
permanent. D'abord par les vendeurs de souvenirs et colifichets, (souvent jolis, mais plus souvent encore a des prix ridicules) ainsi que leurs accolytes les conducteurs de rickshaw qui marchent
souvent a la commission. Dans certaines rues, on est interpelles par TOUS les vendeurs, tandis que chaque conducteur qui nous depasse essaye de nous vendre un tour en chameau, en velo, en
rickshaw et j'en passe. Au bout de la rue, on finit par ne plus repondre sous peine d'etre grossieres (dire non semblant marcher comme une invite, il vaut mieux jouer aux muettes).
Il y a ensuite la misere et son exploitation organisee... Ce sont presque toujours des femmes avec des enfants en bas age (pas forcement le leur parait-il) ou des
enfants en loques ou encore des hommes si contrefaits qui'ils ne peuvent marcher qu'a quatre pattes ou en rampant qui nous approchent. Tous ceux la convergent des qu'ils voient un visage
europeen. On se sent evidemment affrusement mal, il parait pourtant que cette misere la est bien organisee et que l'argent que l'on pourrait leur donner n'ira de toutes facons dans leur poches...
Alors on refuse, parfois mechamment parce que l'on est excede, tout en ne pouvant s'empecher d'avoir l'estomac noue en voyant un petit vieux aux bras decharnes et visiblement au bout du rouleau
qui dort sur un bout de trottoir, enjambe par les passants... Une visite en Inde remet notre petit confort en perspective
Il y a enfin les hommes... Il faut savoir que les femme ont un statut equivalent a pas grand chose en Inde (cela change pour la classe moyenne, heureusement).
Conjugue avec le manque cruel de femmes (avortements et autres suicides volontaires creant un gros desequilibre), tout cela fait que l'on a l'impression d'evoluer dans un monde etrangement
masculin. Nous n'avons quasiment jamais rencontre de femmes dans un commerce (hormis les clientes), aucune travaillant dans les restaurants... elles sont comme des fantomes que l'on voit faire le
marche ou balayer leurs terrasses et le devant des portes, ou eventuellement employees sur les chantiers a transporter la terre dans d'enormes coupes posees en equilibre sur leurs tetes... Quant
a nous, malgre nos tenues ultra conservatives (couvertes litteralement des pieds a la tete avec juste les cheveilles et les poignets qui depassent), impossible de s'assoir sans avoir tout de
suite une petite cohorte 'd'admirateurs' qui se plantent a cote et nous devisagent interminablement, nous helent dans la rue avec des gestes lascifs, nous suivent parfois, ou essaient de nous
toucher... Cela est pqrfois vraiment insupportable, et sans doute la chaleur permanente qui regne n'ameliore t-elle pas notre degre de bonne humeur. On a beau faire les pimbeches et les
rembarrer, cela ne les decourage qu'a peine...
Je clos la parenthese, pour remarquer cependant que c'est a Agra, la ville la plus touristique de l'Inde, que cela a ete le plus penible... D'ou le prix citron,
decerne tant pour le degre de penibilite que pour le manque d'amabilite qui est une autre constante.
Malgre cela nous avons vu le fort rouge d'Agra (colossal, encore une fois cela donne une idee de la puissance de l'empire moghol qui a regne un temps sur l'Inde et
laisse des forts demesures, toujours imposants mais jamais massifs, avec souvent de jolis jardins et des enfilades de passages, petits temples de marbres blancs sculptes...)
Nous partons le soir pour prendre le train de nuit qui nous menera a Benares. Une tempete chaude s'est leve, secouant les arbres et faisant valser la poussiere. La
mousson approche a grands pas et l'on finit par quitter l'hotel dans l'obscurite zebree de grands eclairs, tandis que les premieres gouttes aveuglent le conducteur du rickshaw.
La gare le soir est aussi animee que le jour. Des tonnes de monde massees sur les quais, traversant regulierement les voies pour transporter des bagages, des
paquets, des beignets, de l'eau, leurs enfants... Les porteurs trimballent deux ou trois valises en equilibre sur leur tetes, tandis que les employes des wagons lits tirent des ballots de linge
si enormes et si lourds qu'ils semblent glisser sur le sol plutot que de trainer leurs carrioles. Quand enfin un train arrive, c'est la cohue, tout le monde se bouscule, les vendeurs d'eau et de
nourritures se mettent a crier en remontant les wagons pour proposer leur marchandise. Le train reste souvent a quai entre 15 et 30 minutes, dans le chaos total, et lorsqu'enfin il repart,
beaucoup lui courent apres et sautent dedans en marche.
Pas de chance pour nous, le notre est en retard. Les gens sont couches par terre, parfois sur une couverture parfois a meme le sol (qui n'est pas vraiment d'une
proprete miraculeuse), quelques rats se faufilent entre les poutres metalliques soutenant le toit de tole ondulee, quelques cafards... un peu plus tard dans la soiree, ce sont les singes qui
arrivent, et s'alignent le long du quai comme s'ils attendaient eux-aussi. Il fait chaud et soif, on n'ose pas trop s'eloigner car on ne sait pas quand le train va enfin arriver (et damnation,
nous avons bu un coca avant de partir, dont chacun sait les vertus diuretiques!)
Au final, nous avons mis pres de 20h pour rallier Benares au lieu des 12 h prevues... Dur, d'autant que la clim ne marchait pas vraiment bien dans le wagon et que
le paysage n'est pas aussi beau que dans le Rajhastan... Plus vert mais comme recouvert d'une couche de poussiere, avec les cours d'eau a sec. Ici les hommes ne portent plus de turbans, les
femmes ne sont plus si altieres que dans l'Ouest et c'est dommage car regarder le paysage derriere les vitres n'est plus autant une fete. On arrive a Benares poisseuses, fatiguees...
L'exploration de cette ville si speciale est donc remise a demain.
Biz