
Ca y est, bravant la lenteur du reseau, j'ai enfin reussi a mettre des photos d'Inde en ligne... Tout est dans l'album, sauf les legendes, ce sera pour un autre jour.

Nous voici donc a Jaipur, ce qui termine la petite boucle que nous avons faite au Rajhastan. Le lien suivant devrait permettre de
suivre notre petite equipee ; http://maps.google.com/maps?f=q&hl=en&q=Rajasthan+India&ie=UTF8&cd=1&geocode=0,26.608514,73.915972&ll=40.245992,70.751953&spn=8.651609,19.511719&z=5
Nous avons donc quitte Pushkar et sa faune heteroclite. Humains de tout poil (saddhus a longue barbe, hippies a longs cheveux...) et ses animaux qui semblent vivre en parfaite symbiose avec les
hommes. Chacun se promene dans les rues, les vaches vont se servir dans les magasins, les singes cheminent tranquillement, tandis qu'au carrefour, les dromadaires hautains croisent des caravanes
de chevres, seules ou accompagnees... C'est assez magique.
Nous sommes montees dans une belle Ambassador (voiture d'un autre temps) pour retourner a Ajmer.
En chemin, le conducteur slalome entre les buffles qui occupent la route... Montee dans le train, c'est toujours aussi fou; nous voyageons en classe 'superieure', c'est a dire avec l'air
conditionne. Les gares et les trains indiens sont un spectacle assez incroyable, avec des trains longs d'une trentaine de wagons, plus ou moins luxueux, les classes les moins cheres ressemblant
assez a des betailleres avec leur fenetres ornees de barreaux metalliques. Trouver son train est une loterie puisque le numero du train ne correspond jamais a ce qui est indique sur les panneaux.
Le nom des passagers est en principe inscrit sur des photocopies que l'on colle pres des portes exterieures, chacun son siege, mais jusqu'a present, nous n'avons pas trouve les notres...
qu'importe, on voyage plutot bien assis, et chaque arret donne la possibilite de regarder la foule bigarree massee sur les quais (il faut dire qu'ils sont aussi curieux que nous et nous
devisagent comme d'etranges creatures que nous sommes).
Arrivee a Jaipur. Tandis que je pose mon sac pour le reequilibrer, je trouve dans la poubelle devant moi... une jambe artificielle
au milieu des papiers. Ou est passe celui a qui elle appartenait, nous ne le saurons jamais.
Premier impressions ; Jaipur est une grande ville, l'une des seules concues par une urbaniste je crois, aux avenues larges et presque occidentales puisqu'on y retrouve quelques enseignes
bien connues, comme Benetton, entre lesquelles se logent malgre tout les petits commerces habituels, les tailleurs etant les plus nombreux. Du bruit, beaucoup de poussiere, d'autant que le vent
chaud s'est leve. Drole d'impression d'etre a mi chemin entre deux mondes, l'occident et l'inde traditionnelle que nous frequentons maintenant depuis dix jours. Si on ne peut que se rejouir de ce
que le progres arrive ici aussi (la misere est criante et permanente), je regrette egoistement tout ce qui va disparaitre avec ; ce chaos permanent, cette indigestion des sens qui font que
l'Inde est l'Inde, aussi insupportable que magique, car ou l'Occident passe, la couleur trepasse.
Mais bien sur, nous n'avons encore rien vu des merveilles que recele Jaipur, le Palais des vents et celui des singes... . Pour l'heure, nous n'avons fait qu'une mini balade avant de rentrer a
notre guest house installee dans un ancien palais, petit havre de paix eloigne des klaxons dont le jardin superbe abrite un couple de paons et une foultitudes d'oiseaux dont de superbes
perroquets verts...
Udaipur, suite et fin
Nous nous sommes reveilles tres tot pour aller visiter Udaipur, et nous avons enfin vu les choses dans le petit matin! Car bien que souvent pretes au chant des oiseaux (ou du
muezzin, selon ou se trouve situe la guesthouse), il faut toujours un certain temps pour se mettre en route. C'est a dire qu'il faut attendre le petit dejeuner... attendre est un mot que l'on
finit par connaitre , Il est normal que l'on devienne zen dans ce pays... car sinon, on devient fou. Tout prend un temps fou, les enregistrements, les billets de train pour aller d'un endroit a
un autre, et surtout l'arrivee des jus de fruits que nous commandons le matin...
Donc, nous voila en route pour aller visiter le Lake Palace... on commence par une petite balade sur le lac. Avant d'arriver a l'embarcadere, on passe sous les arbres ou nichent les milliers de
chauves souris qui nous survolaient la veille, perchees tete en bas dans les arbres, secouant leurs ailes et faisant un raffut d'enfer... moins jolies que les petit echassiers qui picorent sur
les bords du lac.
Vu de l'eau, le palace est magnifique, ponctue par les touches de couleur des bougainvillees ou des flamboyants.... Quelques barques disseminees ca et la completent la carte postale.
En revenant sur la rive, on voit en face de nous (un peu loin helas, mais j'attends les resultats du zoom) les lavandieres qui sont venues sur les marches du ghat... c'est un des spectacles les
plus jolis qu'il m'ait ete donne de voir; elles lavent et font secher des saris aussi colores que leur tenues sur les marches, en ayant soin de les disposer par couleur, puis les secouent dans le
vent pour les faire secher...
On visite bien sur l'interieur du palais, colossal mais un peu decrepit. Chacun des residents qui y est passe a souhaite y rajouter son empreinte, de jolies mosaiques, une nouvelle tourelle, des
miroirs ou des fenetres en couleur... si l'ensemble ne manque pas de beaute, il manque vraiment d'unite, et surtout, c'est un vrai labyrinthe... mais la encore, on reste baba devant la finesse du
travail.
En sortant, nus passons devant un petit magasin, et j'entre pour y chercher un sac pour bouteilles d'eau (avec la chaleur, on boit entre 4 et 5 litres par jour). 'Venez donc a l'etage, nous dit
le patron qui a longtemps sejourne en France, c'est la caverne d'Ali Baba'. Et c'est vrai!!! En haut des marches, une piece immense qui s'allume lentement et dans laquelle sont empiles
des tissus du sol au plafond. Des tonnes d'etoffes venues de toutes regions de l'Inde ou meme du Pakistan, des broderies, des miroirs, des saris en soie, des turbans, des manteaux d'apparat, des
couvertures de mariages, des pompons pour les chameaux, des coiffes pour enfants... Je frise la syncope.
Il faut dire que l'inde entretient une relation particuliere avec les etoffes, et si l'on peut regretter qu'une grande partie des hommes et la nouvelle generation s'habillent a l'occidentale (et
pas tres bien de surcroit), la plupart des gens porte les etoffes avec une elegance supreme, des saris qui font des vagues autour des pas des femmes aux etoles jetees negligemment sur les epaules
des hommes. Couleurs et matieres qui pourraient sembler hasardeusement reunies mais sont presque immanquablement parfaites ensembles... Bien sur, il y a toute une signifaction qui nous echappe,
car selon que l'on porte le pantalon croise a droite ou a gauche, le turban plus ou moins long, la couleur des vetements, on indique sa classe sociale, sa religion, sa caste, sa region...
Nous avons quitte Udaipur avec grands regrets (et quelques kilos de tissu en plus dans les bagages, aie aie aie, ca commence mal), pour aller a Pushkar...
Pushkar, c'est la ou se tient la plus grande foire de chameaux du monde, ce qui doit etre un sacre spectacle. Mais nous ne sommes pas a la bonne saison. C'est aussi un grand
rassemblement de hippies ancienne et nouvelle generation. Seul lieu dedie au culte de Brahma dans toute l"inde (le pauvre, il fait pourtant partie du pantheon des grands dieux
hindous, mais comme il a vexe sa femme, il n'est plus honore qu'ici), on remarque donc ses nombreux temples et puis un melange heteroclite d'occidentaux avec dreadlocks et tatouages, de
saddhus, d'enfants mendiants, d'hommes en turbans magnifiques (que nous tentons subrepticement de prendre en photo mais qui nous foudroient du regard!), sans oublier la valse des femmes en
saris. Pushkar est une petite ville nonchalante ou les commercants sont suffisaments peu collants pour que cela vaille la peine d'etre remarque. Il n'y a pas grand choses a y faire, sinon
la sieste, manger des plats delicieux mais toujours sans viande car la ville est entierement vegetarienne, et se promener dans le centre minuscule. Seul bemol, le lac tres bas en raison des
annees de secheresse consecutives, ne peut etre 'approche en raison de pretres 'racketteurs' (ca commence par une petite fleur que l'on vous offre pour jeter dans le lac et cela finit
par des dons obliges pour honorer toute votre famille depuis sept generations au moins, chaque priere etant payante!). Dommage...
Nous trouvons un petit guesthouse en face de l'immeuble des singes... car la maison d'en face, abandonnee et en ruines, est colonisee par de jolis singes gris a tete noire (mais tres voleurs
dit-on), ainsi que ces droles d'ecureuils rayes que l'on voit se courser sur tous les murs ,et meme des chiens qui parviennent on ne sait comment a monter sur le toit.
C'est tres reposant, mais nous prenons des forces avant d'aller affronter la suite du voyage qui va nous emmener dans des endroits autrement plus agites ; Jaipur, Agra (le Taj Mahal) et Varanasi,
autrement dit Benares.
Quand a la suite, je me tate encore pour aller au Nord ou regne une fraicheur bienfaisante (lDarjeeling, entre le Sikkim indien et le Nepal) et le Kerala au Sud, l'etat le plus vert de l'Inde
mais ou il fera sans doute tres chaud... a suivre
Jaisalmer, petit paradis du bout du desert du Thar
La ville est comme surgie de nulle part au milieu du desert, entrelacs de ruelles qui serpentent en dessous du fort. Nous avons flane dans les ruelles du marche, souvent interpellees quand
c'etait la zone pour touristes et ses etoffes magnifiques, puis de plus en plus tranquilles a mesure que nous derivions vers le marche local, ses montagnes d'epices, ses etalages de legume
arranges comme des oeuvres d'art et toutes sortes de petits commerces; tailleurs, barbiers de rue qui rasent sur un coin de trottoir, vendeurs de toutes necessites, des bonbons au papier
toilette. Il regne un atmosphere bon enfant sur ces ruelles ou les enfants nous courent apres pour etre pris en photo ou simplement nous crient 'hello' tres fort de l'autre cote de la rue, ravis
quand on leur repond.
L'on grimpe jusqu'au fort qui surplombe la plaine desertique. Les rues sont encore plus etroites que dans la ville en dessous, avec des portes qui rivalisent de couleurs extravagantes. rose,
violet, jaune, bleu, et les fenetres taillees comme des moucharabiehs. Ce n'est pas bien propre, surtout qu'il faut sans cesse ceder le pas aux vaches innombrables qui bloquent parfois les rues
(et moi, je n'aime pas trop les vaches, heureusement que Florence a plus de courage ;( , mais il faut surtout se mefier des mouches car on a sans arret la bouche ouverte pour se dire
'Wow, que c'est beau.'
Bref, une ville paisible et infiniment sympathique. Le soir, nous avons eu droit a un concert avec un ensemble soufi, l'un des plus connus de la region parait-il, et c'etait superbe; deux
chanteurs dont l'un manie des castagnettes faites de deux plaquette de bois non attachees (essayez de manier deux portes encens a toute allure sans avoir l'air ridicules et sans les faires
tomber!) tandis que l'autre joue sur un petit harmonium portable. Il y avait aussi un jeune garcon aux percussions et un vieux tout edente avec son turban orange qui joue... de la
cruche. Une superbe cruche de terre sur laquelle il tape avec ses bagues ou dans laquelle il souffle. Tout ca fait un musique tres entrainante, surtout avec le jeu de scene des musiciens qui font
de grands moulinets, puis vous fixent d'un regard impenetrabler avant de lancer des sourires ultrabrite... magnifique.
Depart du Paradis
Ce matin, nous avons pris le bus; autre experience indienne. 5h30 de route pour aller a Jodhpur, sans air conditionne, un bus avec environ 50 places assises qui devait contenir 90 personnes vers
la fin... et meme pas de bagarres et de mauvaise humeur comme dans le metro, bien que l'on cuise lentement sur nos sieges, liquefiees en route (mais cela nous aura coute 1 euro 50 chacune pour
faire 300 km, qui dit mieux). Le desert defile derriere les vitres, dunes jaunes et epineux etrangement verts sous lesquels s'abritent de grands chameaux aux longues pattes, d'innombrables
troupeaux de chevres et de moutons a tete noire accompagnees par des bergers haut comme trois pommes, des femmes altieres qui s'eloignent vers l'horizon avec d'immenses jarres posees en equilibre
sur leurs tetes. C'est hostile, etouffant, et etrangement apaisant.
Enfin, reduites a l'etat de flaques ambulantes, nous sommes arrivees a Jodhpur. Cela a l'air tres joli, mais c'est epouvantablement pollue, on est sans cesse sollicite de facon insupportable...
bref, on regrette un peu la douceur de Jaisalmer. Demain, nous irons quand meme visiter le fort qui se dresse sur une falaise rouge au dessus de nous et qui est dit-on l'un des plus beaux
d'Inde. Sans doute verrons nous la beaute de Jaipur la ville bleue, d'en haut, sans en ressentir l'insupportable cohue... et peut etre alors que la ville deviendra aimable!!!