Samedi 17 mai 2008



Ca y est, bravant la lenteur du reseau, j'ai enfin reussi a mettre des photos d'Inde en ligne... Tout est dans l'album, sauf les legendes, ce sera pour un autre jour.

par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Lundi 12 mai 2008
Chaque ville que nous avons visite a son caractere, son atmosphere, son charme particulier. Benares, ou Varanasi comme elle s'appelle maintenant, ne deroge pas a la regle... C'est vraiment une ville a part. En fait, deux villes distinctes. La ville 'moderne' autour de la gare ressemble a beaucoup d'autres villes Indiennes, ballet de voitures, touks touks, pousse- pousses ou charettes a bras qui se croisent sur des arteres plus ou moins grandes et egalement defoncees et sans charme particulier. Et puis il y a la vieille ville, ancienne et sacree, envoutante. Benares, c'est d'abord le Gange qui la traverse paresseusement; d'un cote les ghats, en face des bancs de sable. Chaque ghat a son usage, il y a celui pour les lavandiers, celui des ablutions, en endroit pour la priere du soir, des ghats reserves aux femmes et d'autres aux musulmans, et bien sur, les ghats de cremation. Nous etions juste a cote de ce dernier, Manikarna ghat, endroit sacre s'il en est ou tout Hindou reve de se faire incinerer pour en finir avec le cycle des reincarnations. On y brule les corps avec un feu dont on dit qu'il ne s'est pas eteint depuis plus de 3000 ans. C'est un drole de spectacle, ce petit ghat borne par d'enomes piles de bois -plus ou moins couteux selon s'il brule bien- ou regne une activite incessante, Une dizaines de foyers brule en permanence. Dans les ruelles alentours, on croise parfois les processions portant des corps sur une civiere, enveloppes dans les linceuils blancs pour les hommes, rouges pour les femmes ou dores pour les vieux. On s'efface devant le cortege qui arrive au ghat; le corps est depose sur le bucher, asperge de fluide, le fils aine doit tourner autour 5 fois, puis le feu est mis qui sera entretenu jusqu'a la combustion complete.
Nous sommes restees la un moment, un peu en retrait sur les marches que l'on partage avec vaches, chevres et tous ces 'professionnels' de la mort qui boivent placidement leur tchai a cote des brasiers permanents. Pas assez pres sans doute pour voir ces visions d'horreur que racontent d'autres routards, l'image d'un corps en train de se calciner quand le linceuil a brule... il fallait sans doute se rapprocher plus pres, mais voila, nous n'en avions pas vraiment envie, on se sent deja un peu voyeur... il ne nous viendait pas a l'idee de nous asseoir dans un cimetiere francais pour voir les ceremonies d'enterrement de personnes que nous ne connaissons pas. A Benares pourtant, et en Inde, la vie et la mort semblent plus etroitement liees que chez nous, moins honteuse... En fait, la vie y apparait plus brute, sans tous ces filtres que le monde moderne s'efforce d'y appliquer, la misere y est apparente, presque etalee, et le luxe ostentatoire, les odeurs de charogne se melent a celle du jasmin, des femmes sublimes cotoient des estropies, et les vieillards edentes ont tous des portables...
Encore quelques pensees sur la transience de l'existence, et puis nous partons explorer le reste de la ville. Les ruelles qui s'etendent derriere les ghats donnent une bonne idee de ce que devait une ville au moyen age. Labyrinthe incroyable de venelles si etroites que dans beaucoup, on peut a peine se croiser, odeur pestilentielles d'urine, de bouse et des tas d'autres effluves non identifiees... On tourne a droite, a gauche, demi tour parce que c'est un cul de sac ou qu'un groupe de vaches obstrue le chemin (j'ai fait des progres et croise ces dernieres sans trop de frissons, sans doute parce que les vaches indiennes sont nettement plus placides que nos Holstein), le sol est infect entre les dejections, les multiples crachats -car tous ici semblent chiquer du betel pour le cracher ensuite en grosses taches rouges-, des immondices de toute sortes... Pas ou peu d'echoppes, juste des couloirs qui semblent ouvrir dans les cours des maisons. Qu'y a t-il derriere, mystere?
On finit par revenir vers des ruelles plus commercantes ou l'on trouve de tout et de rien, tee-shirts a l'effigie de Ganesh, cartes postales, chapelets, colliers de verroterie ou encore necessaires pour la cremation comprenant les linceuils dores et les guirlandes de fleurs oranges et jaunes ... On se fait heler mollement, ici on n'est pas a Agra et la foule n'est pas la meme, et puis la chaleur regne encore qui rend les gestes lents et les klaxons des motos moins vifs.
Le soir, nous allons vers le 'main ghat', l'un des plus central ou tout le monde semble finir par venir trainer; ambiance relax , les enfants jouent, les chiens se roulent dans la poussiere, les boucs poursuivent de petites chevres noires et blanches, les vendeurs proposent leurs tours de bateau, massages Kama Sutra ou autres specialites... On s'assied sur les marches pour regarder couler l'eau et les bateaux amenant les pelerins aux atours colores de l'autre rive... C'est paisible. je regarde derriere nous. Voila pres de trois semaines que nous sommes en Inde,et notre oeil s'est un peu blase, mais je realise soudain a quel point le spectacle autour de nous est incroyable et different de tout ce que nous connaissons... les odeurs delicieuses ou putrides, les couleurs invraisemblables des saris, le melange de musulmans de blanc vetus, de saddhus en loques mais beats, de colporteurs roublards, de pelerins et de routards, entre lesquels evoluent les animaux, singes, chiens, vaches chevres ... C'est un concentre de l'Inde, ce chaos organise, qu'il est difficile d'imaginer tant que l'on n'y est pas alle.

Nous realisons que les marches sur lesquellles nous sommes assises sont celles sur lesquelles a lieu la ceremonie de la Puja qui a lieu le soir ; une petite foule s'affaire a preparer le lieu, tresser des guirlande de fleurs autour des poteaux qui se dressent devant le Gange, nettoyer les cinq autels sur lesquels vont officier les pretres, decorer la statue de la divinite avec des fleurs, disposer devant des coupes de graines, fruits et legumes frais. La cermonie commence et nous sommes au beau milieu. Cela dure pres de deux heures et c'est l'un des moments les plus magiques que j'ai vecu en Inde... peut etre parce que nous sommes au milieu des Indiens qui pour une fois ne songent pas a nous vendre quoi que ce soit et nous regardent a peine (sauf des enfants qui nous font des sourires), parce qu'il regne une ferveur intense. Mias la ceremonie bat son plein. Un chanteur a la voix de velours qui s'accompagne d'un petit harmonium portable pour rythmer une melopee extremement prenante tandis cinq pretres vetus de safran accomplissent avec une grace infinie le rituel qui est une choregraphie avec des coupes argentees en forme de serpent contenant de l'huile en feu, des conques, des poignees de petales ... L'on remet la lumiere au fleuve... une procession de petite lampes a huile entourees de fleurs roses s'en vont en dansant sur le courant. Des petites clochettes tintent en permanence, en fermant les yeux, on rentre presque en transe. Que j'aime l'Inde a cet instant la!
Le lendemain a l'aube, nous allons nous promener en barque sur le Gange; les ghats defilent. Main ghat, spectacle incroyable des pelerins venus se purifier dans l'eau dans laquelle il faut s'immerger cinq fois avant de boire une gorgee puis eventuellement de se laver. Incroyable d'abord quand on voit l'eau qui, si elle est sacree, est aussi sacrement... crade, Il y traine toutes sortes de dechets, et meme aux dires de certains, les 'restes' de cremation. Cela ne perturbe nullemnt la foule qui se baigne, se brosse les dents, se lave les cheveux, les enfants qui nagent avec ravissement. Les femmes rincent les saris puis les etendent a secher sur les marches et l'on ne peut s'empecher de mitrailler tant cela est beau... Oui, Benares est une ville a part, folle et si paisible a la fois, mystique c'est sur. On ne regrette pas les 20 heures de train pour y arriver>

 Nous sommes revenues a Delhi en train, premiere classe, petit luxe pour signer la fin du voyage. Le contraste entre les premieres et les 'dernieres classes', bancs de bois durs, fenetres a barreaux et cohue indescriptible prenant les places d'assaut, est saisissant. Nous avons un compartiment moquette pour nous et sans doute plus de personnel dans le wagon que de voyageurs. On nous propose a diner, de l'eau, du the, du cafe, du jus... chaque employe ayant sa fonction specifique... et chacun se plantant indefiniment a la porte apres sa prestation jusqu'a ce que nous comprenions qu'il attend un pourboire. Le grand luxe et une climatisation feroce, car nous avons passe une nuit transies par 16 degres... Arrivees a Delhi, on se dit que la ville a ete changee pendant notre absence, tout parait infiniment plus moderne et propre apres notre periple; il fallait voyager ailleurs pour saisir a quel point la capitale de l"Inde est infiniment plus moderne que ses campagnes.
Derniere viree shopping... comment resister a toutes ces etoffes magnifiques, broderies sur soie, coton tisse a la main, eventails a pompons... Florence/Natacha fait son sac, bourre a craquer de quelques merveilles, et puis en route pour l'aeroport. Tandis qu'elle embarque pour Paris et son anonymat (il n'y aura sans doute personne a Paris pour lui courir apres afin de lui demander une photo ou lui serrer la main), je prends la destination de Bangkok. J'ai renonce a l"inde du Sud pour l'instant en raison de la chaleur epuisante, et les cols du Laddakh ou je voulais aller ne sont pas encore ouverts car sous la neige (frontiere du Nepal et de la Chine, altitude moyenne 3500 metres)... Peut-etre y reviendrais-je en Juillet pour un trekk pres du toit du monde.
Je quitte l"inde avec une drole de sensation ; pays incroyable, merveilleux et parfois detestable, je n'ai jamais rien vu de pareil dans tous mes voyages. Envie d'y revenir et soulagement de partir quelques temps parce que ces trois semaines ont ete fatigantes, entre chaleur, harcelement et deplacements parfois interminables. Mais nous en avons pris plein les yeux, les narines et les oreilles, et je garde encore au bout des doigts le souvenir de la douceur du marbre des temples et des etoffes qui en font un veritable paradis de la couleur.
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Mardi 6 mai 2008
AGRA...
 
Levees a l'aube... ciel plombe aux couleurs de metal. Nous sommes tout pres du Taj Mahal vers lequel nous nous dirgeons a 6h du matin, fieres d'etre debout si tot. Visiblement, nous ne sommes pas les seules, deja des masses de touristes. Et dire que ce n'est pas la bonne saison! L'accueil a l'entree est plus qu'infect, ce qui pourrait un peu gacher le plaisir. Heureusement, une fois dans l'enceinte du Taj Mahal (fortement gardee par des militaires arborant de petites mitraillettes), on oublie, car c'est magnifique. Passe une grand porte de gres rouge (comme beaucoup de constructions visitees jusque la,, meme architecture Moghole alors a son apogee que les forts visites les jours passes), le tombeau s'eleve dans un immense et magnifique jardin. Les touristes en majorite Indiens ajoutent une note de couleur a l'imposant monument de marbre blanc... Je craignais un peu que la reputation du lieu ne  soit surfaite, mais en faisant le tour, puis en penetrant a l'interieur pour admirer le travail de sculpture, on ne peut se dire qu'une chose; c'est parfait!!! La legende dit que l'empereur, epoux de Mumtaz Mahal, fou de douleur a sa mort, ait convie le plus celebre architecte perse et assassine la fiance de ce dernier pour qu'il comprenne sa douleur et soit capable de concevoir cette merveille... Peut-etre n'est qu'une legende, mais les sculptures de marbre blanc incustees de pierre ou de marbre polychrome, les bas reliefs aussi en marbre sont plus delicatst que tout ce que nous avons pu voir jusque la, on est bouche bee, avec l'envie de caresser les pierres pour sentir leur douceur polie sous les doigts... Tout est symetrique, les courbes sont delicates; c'est moins imposant qu'o ne ne l'imagine de l'exterieur mais neanmoins superbe.
Dans le jardin, des oiseaux de toutes sortes (dont les petits perroquets verts a queue turquoise, d'enormes rapaces -peut-etre des aigles et les enormes corneilles indienness aux plumes bleutees), des singes, des ecureuils, et ... une tondeuse a gazon tiree par des boeufs.
On en ressort emerveillees...
Helas, Agra, en dehors de ses monuments (et surtout juste devant), c'est le harcelement des vendeurs. Impossible de faire deux metres sans etre accostees... A peine sorties du Taj Mahal, ils nous tombent dessus comme la vermine sur le bas clerge.
Petite parenthese pour ceux a qui j'aurais pu laisser penser que nous faisons un voyage a Disneyland. L'envers de la medaille en Inde, c'est le harcelemet permanent. D'abord par les vendeurs de souvenirs et colifichets, (souvent jolis, mais plus souvent encore a des prix ridicules) ainsi que leurs accolytes les conducteurs de rickshaw qui marchent souvent a la commission. Dans certaines rues, on est interpelles par TOUS les vendeurs, tandis que chaque conducteur qui nous depasse essaye de nous vendre un tour en chameau, en velo, en rickshaw et j'en passe. Au bout de la rue, on finit par ne plus repondre sous peine d'etre grossieres (dire non semblant marcher comme une invite, il vaut mieux jouer aux muettes).
Il y a ensuite la misere et son exploitation organisee... Ce sont presque toujours des femmes avec des enfants en bas age (pas forcement le leur parait-il) ou des enfants en loques ou encore des hommes si contrefaits qui'ils ne peuvent marcher qu'a quatre pattes ou en rampant qui nous approchent. Tous ceux la convergent des qu'ils voient un visage europeen. On se sent evidemment affrusement mal, il parait pourtant que cette misere la est bien organisee et que l'argent que l'on pourrait leur donner n'ira de toutes facons dans leur poches... Alors on refuse, parfois mechamment parce que l'on est excede, tout en ne pouvant s'empecher d'avoir l'estomac noue en voyant un petit vieux aux bras decharnes et visiblement au bout du rouleau qui dort sur un bout de trottoir, enjambe par les passants... Une visite en Inde remet notre petit confort en perspective
Il y a enfin les hommes... Il faut savoir que les femme ont un statut equivalent a pas grand chose en Inde (cela change pour la classe moyenne, heureusement). Conjugue avec le manque cruel de femmes (avortements et autres suicides volontaires creant un gros desequilibre), tout cela fait que l'on a l'impression d'evoluer dans un monde etrangement masculin. Nous n'avons quasiment jamais rencontre de femmes dans un commerce (hormis les clientes), aucune travaillant dans les restaurants... elles sont comme des fantomes que l'on voit faire le marche ou balayer leurs terrasses et le devant des portes, ou eventuellement employees sur les chantiers a transporter la terre dans d'enormes coupes posees en equilibre sur leurs tetes... Quant a nous, malgre nos tenues ultra conservatives (couvertes litteralement des pieds a la tete avec juste les cheveilles et les poignets qui depassent), impossible de s'assoir sans avoir tout de suite une petite cohorte 'd'admirateurs' qui se plantent a cote et nous devisagent interminablement, nous helent dans la rue avec des gestes lascifs, nous suivent parfois, ou essaient de nous toucher... Cela est pqrfois vraiment insupportable, et sans doute la chaleur permanente qui regne n'ameliore t-elle pas notre degre de bonne humeur. On a beau faire les pimbeches et les rembarrer, cela ne les decourage qu'a peine...
 
Je clos la parenthese, pour remarquer cependant que c'est a Agra, la ville la plus touristique de l'Inde, que cela a ete le plus penible... D'ou le prix citron, decerne tant pour le degre de penibilite que pour le manque d'amabilite qui est une autre constante.
 
Malgre cela nous avons vu le fort rouge d'Agra (colossal, encore une fois cela donne une idee de la puissance de l'empire moghol qui a regne un temps sur l'Inde et laisse des forts demesures, toujours imposants mais jamais massifs, avec souvent de jolis jardins et des enfilades de passages, petits temples de marbres blancs sculptes...)
 
Nous partons le soir pour prendre le train de nuit qui nous menera a Benares. Une tempete chaude s'est leve, secouant les arbres et faisant valser la poussiere. La mousson approche a grands pas et l'on finit par quitter l'hotel dans l'obscurite zebree de grands eclairs, tandis que les premieres gouttes aveuglent le conducteur du rickshaw.
La gare le soir est aussi animee que le jour. Des tonnes de monde massees sur les quais, traversant regulierement les voies pour transporter des bagages, des paquets, des beignets, de l'eau, leurs enfants... Les porteurs trimballent deux ou trois valises en equilibre sur leur tetes, tandis que les employes des wagons lits tirent des ballots de linge si enormes et si lourds qu'ils semblent glisser sur le sol plutot que de trainer leurs carrioles. Quand enfin un train arrive, c'est la cohue, tout le monde se bouscule, les vendeurs d'eau et de nourritures se mettent a crier en remontant les wagons pour proposer leur marchandise. Le train reste souvent a quai entre 15 et 30 minutes, dans le chaos total, et lorsqu'enfin il repart, beaucoup lui courent apres et sautent dedans en marche.
Pas de chance pour nous, le notre est en retard. Les gens sont couches par terre, parfois sur une couverture parfois a meme le sol (qui n'est pas vraiment d'une proprete miraculeuse), quelques rats se faufilent entre les poutres metalliques soutenant le toit de tole ondulee, quelques cafards... un peu plus tard dans la soiree, ce sont les singes qui arrivent, et s'alignent le long du quai comme s'ils attendaient eux-aussi. Il fait chaud et soif, on n'ose pas trop s'eloigner car on ne sait pas quand le train va enfin arriver (et damnation, nous avons bu un coca avant de partir, dont chacun sait les vertus diuretiques!)
Au final, nous avons mis pres de 20h pour rallier Benares au lieu des 12 h prevues... Dur, d'autant que la clim ne marchait pas vraiment bien dans le wagon et que le paysage n'est pas aussi beau que dans le Rajhastan... Plus vert mais comme recouvert d'une couche de poussiere, avec les cours d'eau a sec. Ici les hommes ne portent plus de turbans, les femmes ne sont plus si altieres que dans l'Ouest et c'est dommage car regarder le paysage derriere les vitres n'est plus autant une fete. On arrive a Benares poisseuses, fatiguees...
L'exploration de cette ville si speciale est donc remise a demain.
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Dimanche 4 mai 2008
Jaipur
 
Chaleur...
Premier jour a Jaipur, nous partons sous un ciel plombe (surprenant car depuis le depart de la France, nous avons toujours eu des ciels bleus, ou plutot jaunes en raison du voile de pollution qui plane sur la plupart des villes). On chemine vers la vieille ville en refusant les rickashaws qui ne cessent de nous interpeller, et on passe la premiere porte delicatement taillee dans une muraille ocre qui semble epaisse de plusieurs metres. Tres beau, meme si c'est la que se tient le marche aux poulets... Les malheureuses betes sont entasses dans des cages minuscules, et en s'approchant un peu, on s'apercoit qu'une bonne partie d'entre ellles sont deja mortes dans les cages, sans doute d'etouffement... Gloups, je me demande serieusement si je ne vais pas devenir vegetarienne (ca tombe bien, la nourriture vegetarienne est delicieuse en Inde, bien que manquant parfois de variete dans les gouts).
Nous poursuivons par une artere commercante etrangement deserte; drole de sensation, toutes les devantures sont baissees, la vie semble tourner au ralenti, il n'ya que qulaues hommes assis par terre qui coupent des legumes et preparent des beignets a faire frire dans ces immenses plats remplis d'une friture qui ne semble pas vraiment dater du matin meme...
Nous poursuivons et la vie semble se reveiller au ralenti, les rues sont mornes et tristes... Et puis soudain, on se rend compte qu'il n'y a presque aucune femme dans les rues... et que ce sont surtout elles qui mettent la couleur dans l'Inde.
Il y a quelques jolies facades de pierre et terre ocre, un peu delabrees... Pourquoi Jaipur s'appelle t-elle la ville rose, mystere, car meme sir le soleil peut lui donner d'autres reflets que ceux de ce matin plombe, cest plutot une ville orange.
En demandant notre chemin un peu plus tard, nous comprenons la raison de cette atmosphere pesante; il y a une greve generale due a l'inflation...
Au carrefour suivant, nous croisons Miriam, routarde aguerrie sur les routes de l'Inde depuis 3 mois et demi. Nous passerons la journee avec elle et elle nous apprendra plein de petits trucs (par exemple, l'alliance ne s'arbore pas a l'annulaire mais au doigt de pied, ou encore, les hommes ne touchant pas les femmes il est tout a fait poli de refuser de leur serrer la main, etc...)
Au final, nous visitons quelques monuments bien decevants; le palais des vents (une tres belle facade sur un batiment tres etroit, ainsi nomme car ses multiples fenetres laissaient passer le vent ce qui rafraichit bienheureusement les jours de canuicule comme ceux que nous vivons - mais helas, le batiment est en refection), l'observatoire (sans doute exceptionnal par le niveau de connaissances en astronomie qu'il demontre, mais les explications etant en Hindi, nous ne pouvons pas y comprendre grand chose). Un peu lassee de ces visites, nous nous asseyons au pied d'un grand arbre pour tester le tchai tradionnel. Il s'agit de the noir au lait servi dans des petits verres autour d'echoppes de fortune; les sieges sont en fait de minuscules tabourets faits dans des jantes de voiture recyclees. Nous papotons sous l'oeil plus que curieux des autres consommateurs (aucune femme bien sur) et manquons de provoquer un petit attroupement.
Le soir, visite du palais des singes... un peu a l'ecart de la ville, c'est un petit temple au sommet d'une montee plutot raide; il doit son nom aux multiples singes qui se massent dans la montee vers le crepuscule. Ce sont de peits singes assez agressifs, et nous montons donc les yeux baisses pour ne pas les provoquer... au final, ce sont les hommes le long du chemin qui se montrent beaucoup plus penibles que les singes... (comme d'ahbitude faudrait-il dire, mais j'en reparlerai une autre fois).
Du sommet, la vue est imprenable. Aprs avoir ete dument benie par la gardienne des dieux en residence (j'ai oublie lesquelles, mais il afut dire qu'il y a environ 28000 dieux en Inde) et acquitte notre obole en echange d'un point jaune sur le front, nous contemplons la ville qui s'etend a perte de vue sous une couche de pollution... Jaipur est immense> Heureusement, en hauteur, le ciel est bleu et le silence reposant. Les rapaces planent au dessus de nous, on apercoit les singes en contrebas, des enfants qui jouent... calme factice mais bienfaisant.
Le lendemain, nous visitons le 'Musee des Turbans'. Un grande piece pousssiereuse qui se partage entre des etageres d'objets a vendre pour les touristes qui seraient parvenus jusque la (l'endroit n'est guere connu) et des turbans avec quelques explications. Chacun a une signification, la couleur etant changee selon les mois, les metiers, les evenements familiaux tels que deces ou naissances... certains font plus de 40m  de long, il faut une heure pour les nouer. L'epaisseur du tissu, l'oreille sur laquelle ce dernier est le plus volumineux indiquent encore la caste, la region, si son porteur appartient a une famille royale. Certains y mettent meme peigne, tabatiere, pipe et miroir!!!
Ensuite, la chaleur etant ecrasante, nous decidons d'aller au cinema, allechees par la perpective d'une experience tres differente des cinemas francais (et par l'idee de passer trois heures au frais, il faut bien le dire).Il y a un monde fou devant le cinema, et apres quelques erreurs et regards tres appuyes, nous comprenons qu'il y a une queue reservee aux hommes et une autre aux femmes... surprenant puisqu'une fois dans la salle, nous sommes tous assis ensembles. Il doit y avoir environ 1000 places, et les plus jeunes spectateurs n'ont que quelques mois... ce qui est aussi surprenant, car le film est d'une rare violence. Pur produit Bollywoodien avec de gros moyens qui n'ont rien a envier a ceux des superproductions americaines et un scenario aussi epais que du papier cigarette... Bien que le film soit en Hindi non sous titre, nous avons quand meme compris l'histoire!!! Au final, ce  n'etait pas une experience aussi deroutante que prevu, mais cela a permis encore une fois de voir le decalage entre l'Inde moderne (ultra moderne, car meme si il n'y a pas le moindre baiser dans tout le film, c'est aussi hot qu'un clip de rap) et l'Inde traditionnelle que l'on croise a chaque detour de rue. Deux ou trois siecles semblent separer ces deux mondes...
Voila, le moment est venu de quitter Jaipur... Sans doute avons nous rate beaucoup de choses, mais nous n'y avons pas trouve le charme des autres villes, telles Udaipur ou Jaisalmer. Nous allons maintenant essayer de trouver le bon train pour aller a Agra et le Taj Mahal, joyau de l'Inde et paradis des arnaqueurs...
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Jeudi 1 mai 2008

Nous voici donc a Jaipur, ce qui termine la petite boucle que nous avons faite au Rajhastan. Le lien suivant devrait permettre de suivre notre petite equipee ; http://maps.google.com/maps?f=q&hl=en&q=Rajasthan+India&ie=UTF8&cd=1&geocode=0,26.608514,73.915972&ll=40.245992,70.751953&spn=8.651609,19.511719&z=5

Nous avons donc quitte Pushkar et sa faune heteroclite. Humains de tout poil (saddhus a longue barbe, hippies a longs cheveux...) et ses animaux qui semblent vivre en parfaite symbiose avec les hommes. Chacun se promene dans les rues, les vaches vont se servir dans les magasins, les singes cheminent tranquillement, tandis qu'au carrefour, les dromadaires hautains croisent des caravanes de chevres, seules ou accompagnees... C'est assez magique.
Nous sommes montees dans une belle Ambassador (voiture d'un autre temps) pour retourner a Ajmer. 
En chemin, le conducteur slalome entre les buffles qui occupent la route... Montee dans le train, c'est toujours aussi fou; nous voyageons en classe 'superieure', c'est a dire avec l'air conditionne. Les gares et les trains indiens sont un spectacle assez incroyable, avec des trains longs d'une trentaine de wagons, plus ou moins luxueux, les classes les moins cheres ressemblant assez a des betailleres avec leur fenetres ornees de barreaux metalliques. Trouver son train est une loterie puisque le numero du train ne correspond jamais a ce qui est indique sur les panneaux. Le nom des passagers est en principe inscrit sur des photocopies que l'on colle pres des portes exterieures, chacun son siege, mais jusqu'a present, nous n'avons pas trouve les notres... qu'importe, on voyage plutot bien assis, et chaque arret donne la possibilite de regarder la foule bigarree massee sur les quais (il faut dire qu'ils sont aussi curieux que nous et nous devisagent comme d'etranges creatures que nous sommes).

Arrivee a Jaipur. Tandis que je pose mon sac pour le reequilibrer, je trouve dans la poubelle devant moi... une jambe artificielle au milieu des papiers. Ou est passe celui a qui elle appartenait, nous ne le saurons jamais.

Premier impressions ;  Jaipur est une grande ville, l'une des seules concues par une urbaniste je crois, aux avenues larges et presque occidentales puisqu'on y retrouve quelques enseignes bien connues, comme Benetton, entre lesquelles se logent malgre tout les petits commerces habituels, les tailleurs etant les plus nombreux. Du bruit, beaucoup de poussiere, d'autant que le vent chaud s'est leve. Drole d'impression d'etre a mi chemin entre deux mondes, l'occident et l'inde traditionnelle que nous frequentons maintenant depuis dix jours. Si on ne peut que se rejouir de ce que le progres arrive ici aussi (la misere est criante et permanente), je regrette egoistement tout ce qui va disparaitre avec ;  ce chaos permanent, cette indigestion des sens qui font que l'Inde est l'Inde, aussi insupportable que magique, car ou l'Occident passe, la couleur trepasse.
Mais bien sur, nous n'avons encore rien vu des merveilles que recele Jaipur, le Palais des vents et celui des singes... . Pour l'heure, nous n'avons fait qu'une mini balade avant de rentrer a notre guest house installee dans un ancien palais, petit havre de paix eloigne des klaxons dont le jardin superbe abrite un couple de paons et une foultitudes d'oiseaux dont de superbes perroquets verts...

par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Mercredi 30 avril 2008

Udaipur, suite et fin

Nous nous sommes reveilles tres tot pour aller visiter Udaipur, et nous avons enfin vu les choses dans le petit matin! Car bien que souvent pretes au chant des oiseaux (ou du muezzin, selon ou se trouve situe la guesthouse), il faut toujours un certain temps pour se mettre en route. C'est a dire qu'il faut attendre le petit dejeuner... attendre est un mot que l'on finit par connaitre , Il est normal que l'on devienne zen dans ce pays... car sinon, on devient fou. Tout prend un temps fou, les enregistrements, les billets de train pour aller d'un endroit a un autre, et surtout l'arrivee des jus de fruits que nous commandons le matin...
Donc, nous voila en route pour aller visiter le Lake Palace... on commence par une petite balade sur le lac. Avant d'arriver a l'embarcadere, on passe sous les arbres ou nichent les milliers de chauves souris qui nous survolaient la veille, perchees tete en bas dans les arbres, secouant leurs ailes et faisant un raffut d'enfer... moins jolies que les petit echassiers qui picorent sur les bords du lac.
Vu de l'eau, le palace est magnifique, ponctue par les touches de couleur des bougainvillees ou des flamboyants.... Quelques barques disseminees ca et la completent la carte postale.
En revenant sur la rive, on voit en face de nous (un peu loin helas, mais j'attends les resultats du zoom) les lavandieres qui sont venues sur les marches du ghat... c'est un des spectacles les plus jolis qu'il m'ait ete donne de voir; elles lavent et font secher des saris aussi colores que leur tenues sur les marches, en ayant soin de les disposer par couleur, puis les secouent dans le vent pour les faire secher...
On visite bien sur l'interieur du palais, colossal mais un peu decrepit. Chacun des residents qui y est passe a souhaite y rajouter son empreinte, de jolies mosaiques, une nouvelle tourelle, des miroirs ou des fenetres en couleur... si l'ensemble ne manque pas de beaute, il manque vraiment d'unite, et surtout, c'est un vrai labyrinthe... mais la encore, on reste baba devant la finesse du travail.

En sortant, nus passons devant un petit magasin, et j'entre pour y chercher un sac pour bouteilles d'eau (avec la chaleur, on boit entre 4 et 5 litres par jour). 'Venez donc a l'etage, nous dit le patron qui a longtemps sejourne en France, c'est la caverne d'Ali Baba'. Et c'est vrai!!!  En haut des marches, une piece immense qui s'allume lentement et dans laquelle sont empiles des tissus du sol au plafond. Des tonnes d'etoffes venues de toutes regions de l'Inde ou meme du Pakistan, des broderies, des miroirs, des saris en soie, des turbans, des manteaux d'apparat, des couvertures de mariages, des pompons pour les chameaux, des coiffes pour enfants... Je frise la syncope.
Il faut dire que l'inde entretient une relation particuliere avec les etoffes, et si l'on peut regretter qu'une grande partie des hommes et la nouvelle generation s'habillent a l'occidentale (et pas tres bien de surcroit), la plupart des gens porte les etoffes avec une elegance supreme, des saris qui font des vagues autour des pas des femmes aux etoles jetees negligemment sur les epaules des hommes. Couleurs et matieres qui pourraient sembler hasardeusement reunies mais sont presque immanquablement parfaites ensembles... Bien sur, il y a toute une signifaction qui nous echappe, car selon que l'on porte le pantalon croise a droite ou a gauche, le turban plus ou moins long, la couleur des vetements, on indique sa classe sociale, sa religion, sa caste, sa region...

Nous avons quitte Udaipur avec grands regrets (et quelques kilos de tissu en plus dans les bagages, aie aie aie, ca commence mal), pour aller a Pushkar...

Pushkar, c'est la ou se tient la plus grande foire de chameaux du monde, ce qui doit etre un sacre spectacle. Mais nous ne sommes pas a la bonne saison. C'est aussi un grand rassemblement de hippies ancienne et nouvelle generation.  Seul lieu dedie au culte de Brahma dans toute l"inde (le pauvre, il fait pourtant partie du pantheon des grands dieux hindous, mais comme il a vexe sa femme, il n'est plus honore qu'ici), on remarque donc ses nombreux temples et puis un melange heteroclite d'occidentaux avec dreadlocks et tatouages, de saddhus, d'enfants mendiants, d'hommes en turbans magnifiques (que nous tentons subrepticement de prendre en photo mais qui nous foudroient du regard!), sans oublier la valse des femmes en saris. Pushkar est  une petite ville nonchalante ou les commercants sont suffisaments peu collants pour que cela vaille la peine d'etre remarque. Il n'y a pas grand choses a y faire, sinon la sieste, manger des plats delicieux mais toujours sans viande car la ville est entierement vegetarienne, et se promener dans le centre minuscule. Seul bemol, le lac tres bas en raison des annees de secheresse consecutives, ne peut etre 'approche en raison de pretres 'racketteurs' (ca commence par une petite fleur que l'on vous offre pour jeter dans le lac et cela finit par des dons obliges pour honorer toute votre famille depuis sept generations au moins, chaque priere etant payante!). Dommage...
Nous trouvons un petit guesthouse en face de l'immeuble des singes... car la maison d'en face, abandonnee et en ruines, est colonisee par de jolis singes gris a tete noire (mais tres voleurs dit-on), ainsi que ces droles d'ecureuils rayes que l'on voit se courser sur tous les murs ,et meme des chiens qui parviennent on ne sait comment a monter sur le toit.
C'est tres reposant, mais nous prenons des forces avant d'aller affronter la suite du voyage qui va nous emmener dans des endroits autrement plus agites ; Jaipur, Agra (le Taj Mahal) et Varanasi, autrement dit Benares.

Quand a la suite, je me tate encore pour aller au Nord ou regne une fraicheur bienfaisante (lDarjeeling, entre le Sikkim indien et le Nepal) et le Kerala au Sud, l'etat le plus vert de l'Inde mais ou il fera sans doute tres chaud... a suivre

par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Lundi 28 avril 2008
Jodhpur...
Nous etions dans un guest house comme un chanson de Maxime le Forestier, une maison bleue accrochee a la colline ou l'on ne frappe pas... Le lendemain, depart un peu tardif sous la chaleur toujours aussi brutale (plus de 40 degres tous les jours) pour grimper a la forterese qui nous surplombe. Bon, en verite, c'est le touk-touk tres poussif qui attaque l'ascension apres de dures negociations et la tentative d'arnaque habituelle (nous deposer au bout de 300m en disant: c'est la, mais on ne nous la fait plus!!!).
Le fort de Mehranghar est une merveille moghole de pierre rouge qui se dresse au dessus de Jodhpur, gigantesque et imposante des l'entree. Jamais prise par les ennemis en raison de ses murs epais et de sa construction ingenieuse, comme la porte d'entree construite dans un coude tres en pente et herissee de pointes qui decouragaient les assauts des elephants... A l'interieur, tout est calme ordre et beaute; les facades des cours merveilleusement fraiches malgre la chaleur sont en jalis, des dentelles de marbres ajourees qui fontionnent comme les moucharabiehs d'Afrique. Difficile de decrire tant de beaute, chaque cour successive que nous passons est plus belle que la precedente. Le probleme de l'Inde, c'est que l'on est vite a court de superlatifs...
En haut, les appartements de maharadjahs qui l'occuperent jusque vers le debut du 20eme siecle; chaque centimetre carre est decore, frises au plafonds, peintures, tapis fastueux sur carrelages en mosaiques, vitraux de verre colores. Ce pourrait etre opressant, c'est juste tres beau, reflets d'une splendeur passee completement insensee.
Des tourelles, on voit la ville qui s'etend au dessous, bleu lavande, de la couleur dont sont peintes une grande partie des facades pour des raisons autrefois religieuses (couleur des brahmanes) et aujourd'hui pratiques puisque le bleu eloigne les moustiques.
En fin d'apres midi, nous redescendons et flanons dans le marche. Pas de touriste, nous sommes miraculeusement epargnees par le harcelement frequent. Les ruelles tres etroites abritent des echoppes des deux cotes sous des toiles tendues pour se proteger de la chaleur. La encore, extreme specialisation, nous allons du marchand de galons a celui de perles, tandis que le suivant ne vend aue des voiles de saris dans trois couleurs. La lumiere de fin d'apres midi filtre entre les toiles, tout est un peu ralenti, paisible... On se reconcilie avec Jodhpur.

Pour autant, nous peaufinons nos nouvelles personnalites qui permettent parfois de gagner un peu de tranquillite (car a cote de la beaute insensee de ce que nous voyons, il faut bien dire que l'impression d'etre un porte monnaie ambulant est parfois penible) ; autrefois, nous etions visceralement honnetes et pas menteuses, mais c'est fini depuis que nous avons mis le pied a delhi!!! Nous sommes desormais Natacha et Tatiana, deux meres de familles Ukrainiennes, en sejour pour la troisieme fois en Inde. Quand a Florence/Natacha qui n'aime pas negocier, il faut la voir marchander 5 roupies avec les conducteurs de touk touk!!!

Nous retournons vers notre maison bleue par les minuscules ruelles, croisant toujours autant d'animaux. Les rues ne sont guere propres car le systeme de depose des ordures consiste a ouvrir sa fenetre pour verifier qu'il n'y a pas de passants en dessous puis ensuite jeter tout ce qui encombre, papiers, bouteilles, restes de repas, crachats... Des tranchees servant d'egout courent le long des rues pour evacuer tout cela, ainsi que les innombrables bouses ... les chiens s'y baignent avec delices a cause de la chaleur... on finit par s'habituer.

En route pour Udaipur
Nous partons le lendemain tres tot... luxe supreme, nous avons loue une voiture pour la journee. Nous quittons la ville dans le petit matin, les magasins sont a peine ouverts, des caravanes de petits anes croisent les vaches indolentes... au detour d'une ruelle, on croirait un mirage, mais non, c'est bien un elephant qui est en train de boire au robinet.

La route unique qui relie Jodhpur a Udaipur est une deux voies, c'est donc la place pour ou vehicules de taille diverses... Je commence a comprendre le code de la route, il faut klaxonner tres fort pour s'annoncer, et la priorite est au plus gros (donc si un camion double par le bas cote et qu'une moto arrive en sens inverse, elle a interet a se garer sinon elle finit dans le decor). Cela fonctionne a peu pres bien... sauf qu'il y a nos amies les vaches qui sont totalement insensibles au klaxon (en venant de Jaisalmer, le bus avait failli verser a cause d'une d'entre elle nonchalamment stationne en milieu de route). Meme si notre chauffeur conduit presque bien, il faut quand meme faire confiance a Saint Christophe ou quelque divinite hindoue pour arriver a bon port. 
Au passage, nous nous arretons au temple de Ranakpur, petite merveille aux milles colonnes de marbre blanc doux comme de la creme qui dresse ses coupoles sculptees comme dans une vieille illustration d'un livre de Rudyard Kipling au milieu d'un jardin luxuriant. A l'interieur du temple Jain, il regne une ombre et une fraicheur apaisantes, ponctuees par les roucoulements des pigeons... 
Cette fois la, nous devons abandonner notre personnalite de Natacha et Tatiana pour devenir de vraies Monica Belluci... les Indiens nous courent apres pour nous serrer la main, nous prennent subrepticement en photo (la veille, on nous a aussi demande de poser plus d'une fois avec des familles indiennes), quelle drole d'impression que cette soudaine celebrite due a notre extreme exotisme.

Il faut quitter le petit temple hors du temps pour repartir vers notre destination finale, Udaipur. Le paysage a change, ce n'est plus le desert du Thar mais des collines avec de petits murets bas qui delimitent des champs cultives, des villages aux couleurs de poussiere dans lesquels des hommes tres beaux portant moustaches et turbans roses ou vermillion accompagnent les troupeaux de moutons...
Enfrin, on arrive a Udaipur.  Le nom fait deja rever, et la ville, du moins l'endroit ou nous trouvons un guest house, est un petit bijou. Installees en face des ghats, ces marches qui permettent aux gens de descendre faire leurs ablutions ou nettoyer le linge, nous sommes au spectacle. L'eau du lac est basse, mais la vue reste spectaculaire. Nous laissons descendre le soir en discutant, tandis que des centaines d'oiseaux passent a vol lent... canards, cigognes, aigrettes, c'est le paradis des ornithologues. Sur la terrasse voisine, trois petits enfants nous font un spectacle improvise, tout heureux d'avoir un piublic. C'est le calme absolu, on se glisse lentement dans la peau des voyageurs derivants...
Le soir est presque tombe et les cieux sont maintenant envahis par des nuees de grosse chauves souris. Puis il fait tout a fait nuit, mais le palace, c'est a dire la residence des marahanas reste allumee en face de nous... 

La prochaine fois, j'essaierai de faire plus court  et moins decousu, mais il y en aurait tant a dire tant nous voyons de spectacles tous les jours... l'Inde c'est sale, totalement deconcertant, dur, fatigant, mais qu'est ce que c'est beau!!! 
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Vendredi 25 avril 2008
Au fait, des que possible, j'essaierai de publier des photos prises avec mes nouveaux appareils. Merci encore a la communaute des sponsors ;) J'espere que cela sera aussi beau que ce que l'on voit, on aurait envie de tout prendre en photo, et en meme temps, je n'ose pas brandir l'appareil sous le nez des gens qui n'ont rien demande... ah si, les enfants!
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Vendredi 25 avril 2008

Jaisalmer, petit paradis du bout du desert du Thar
La ville est comme surgie de nulle part au milieu du desert, entrelacs de ruelles qui serpentent en dessous du fort. Nous avons flane dans les ruelles du marche, souvent interpellees quand c'etait la zone pour touristes et ses etoffes magnifiques, puis de plus en plus tranquilles a mesure que nous derivions vers le marche local, ses montagnes d'epices, ses etalages de legume arranges comme des oeuvres d'art et toutes sortes de petits commerces; tailleurs, barbiers de rue qui rasent sur un coin de trottoir, vendeurs de toutes necessites, des bonbons au papier toilette. Il regne un atmosphere bon enfant sur ces ruelles ou les enfants nous courent apres pour etre pris en photo ou simplement nous crient 'hello' tres fort de l'autre cote de la rue, ravis quand on leur repond.
L'on grimpe jusqu'au fort qui surplombe la plaine desertique. Les rues sont encore plus etroites que dans la ville en dessous, avec des portes qui rivalisent de couleurs extravagantes. rose, violet, jaune, bleu, et les fenetres taillees comme des moucharabiehs. Ce n'est pas bien propre, surtout qu'il faut sans cesse ceder le pas aux vaches innombrables qui bloquent parfois les rues (et moi, je n'aime pas trop les vaches, heureusement que Florence a plus de courage ;( , mais il faut surtout se mefier des mouches car on a sans arret la bouche ouverte pour se dire 'Wow, que c'est beau.'
Bref, une ville paisible et infiniment sympathique. Le soir, nous avons eu droit a un concert avec un ensemble soufi, l'un des plus connus de la region parait-il, et c'etait superbe; deux chanteurs dont l'un manie des castagnettes faites de deux plaquette de bois non attachees (essayez de manier deux portes encens a toute allure sans avoir l'air ridicules et sans les faires tomber!)  tandis que l'autre joue sur un petit harmonium portable. Il y avait aussi un jeune garcon aux percussions et un vieux tout edente avec son turban orange qui joue... de la cruche. Une superbe cruche de terre sur laquelle il tape avec ses bagues ou dans laquelle il souffle. Tout ca fait un musique tres entrainante, surtout avec le jeu de scene des musiciens qui font de grands moulinets, puis vous fixent d'un regard impenetrabler avant de lancer des sourires ultrabrite... magnifique.

Depart du Paradis
Ce matin, nous avons pris le bus; autre experience indienne. 5h30 de route pour aller a Jodhpur, sans air conditionne, un bus avec environ 50 places assises qui devait contenir 90 personnes vers la fin... et meme pas de bagarres et de mauvaise humeur comme dans le metro, bien que l'on cuise lentement sur nos sieges, liquefiees en route (mais cela nous aura coute 1 euro 50 chacune pour faire 300 km, qui dit mieux). Le desert defile derriere les vitres, dunes jaunes et epineux etrangement verts sous lesquels s'abritent de grands chameaux aux longues pattes, d'innombrables troupeaux de chevres et de moutons a tete noire accompagnees par des bergers haut comme trois pommes, des femmes altieres qui s'eloignent vers l'horizon avec d'immenses jarres posees en equilibre sur leurs tetes. C'est hostile, etouffant, et etrangement apaisant.

Enfin, reduites a l'etat de flaques ambulantes, nous sommes arrivees a Jodhpur. Cela a l'air tres joli, mais c'est epouvantablement pollue, on est sans cesse sollicite de facon insupportable... bref, on regrette un peu la douceur de Jaisalmer. Demain, nous irons quand meme visiter le fort qui se dresse sur une falaise rouge au dessus de nous et qui est dit-on l'un des plus beaux d'Inde. Sans doute verrons nous la beaute de Jaipur la ville bleue, d'en haut, sans en ressentir l'insupportable cohue... et peut etre alors que la ville deviendra aimable!!!

par Anne-Catherine publié dans : Inde
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Jeudi 24 avril 2008
Nous avons passe encore une journee a affronter la cohue de Delhi. Premiere surprise de ce pays de fou ou l'on se demande comment cela marche... et  pourtant cela fonctionne. Decouverte du fort Rouge merveille d'architecture moghole (ce sont eux qui ont fait le Taj Mahal), enceinte immense au coeur de la ville qui protege de paisibles de jardins ou passent les femmes aux saris multicolores comme des nuees de papillons, moment de repit beni ou un vieux garde nuos offre du jasmin et un sourire en echange de... rien, ce aui est incroyable...
Ensuite, nous sommes ressorties affronter un des bazars de la ville; animation garantie disait le routard, effectivement, c'est le bordel absolu sur Chandni Chowk, difficile de circuler, de faire deux metres sans se faire accoster. Nous avons un nouvel ami toutes les cinq minutes, un succes non dementi qui est tres vite lassant surtout qaund ces messieurs decident de manifester leur admiration tres directement!
Bref, c'est sans trop de regrets que nous allons a la gare vers 5h, heureusement accompagnees par un type de l hotel sans qui nous aurions eu un peu de mal a trouver notre train. Nous voila parties pour vingt heures.
Le train traverse les banlieurs bidonvilles et c'est comme le reste, saisissant par ses contrastes, des femmes en rose, bleu, vert comme des joyaux qui se detachent sur des montagnes d'ordures et des maisons de guingois dont on se dit aue la premiere averse les noiera... mais qui sont peintes de couleurs ravissantes...
Le voyage en train est un peu long, surtout le debut quand dans un compartiment de 8 nous nous retrouvons a 14 car nos voisins, famille dispersee dans tous le train a decide de se reunir pour faire la fete et boire... Le train est assez confortable, mais pas de place pour les bagages, donc je dors dans un espace d'1m30 de long... aie aie aie le mal de dos. Enfin, l'ambiance de notre express qui fait donc omnibus (environ 40 ou 50 arrets au total) se calme un peu vers 2h du matin et nous dormons quelques heures. Au reveil, surprise, nous sommes dans le desert. Lumiere cue et violente alors au'il n'est que 8h du matin, collines jaunes ornees de maigres bouquets d'arbustes et d'epineux entre lesquels n voit de minuscules gazelles, des chevres, des paons!!! C'est splendide et si repoant apres la cohue de la grande ville.
Jaisalmer, au bout de la route, c'est un fort de sable plante au milieu de rien, sur des falaises ocres jaunes> Petite ville tranquille ou l'on circule entre les innombrables vaches, les chevres en liberte, les bouses, les mots bien moins agressives qu'a Delhi, et surtout, les marchands aui vendent de multiples etoffes du rajhastan, couleur somptueuses ornees de miroirs... helas, le sac a dos est deja bourre a craquer, il faudrait revenir avec un camion!
La chaleur est assez ecrasante vers 12h, il fait 40 degres, nous nous refugions dans la fraicheur d'un point internet ou je me debats depuis une heure avec ce =?3#@!!! de clavier inverse ou la plupart des touches sont effacees...
par Anne-Catherine publié dans : Inde
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