Jeudi 24 juillet 2008
Une fois n'est pas coutume, je mets le blog a jour presque en temps reel (je ne suis pas sure de l'acces Internet lors de la prochaine etape).
Derniere etape de mon parcours dans le Sud Est asiatique, la Thailande.
De Hanoi, j'ai rejoint Bangkok en avion. Impression d'arriver dans un monde infiniment civilise (et pollue) apres le reste du periple. La halte dans la capitale etait courte. Le temps de tester
le systeme de bus, extremement efficace ,il est juste un poil complique; a certains arrets passent plus de 25 lignes, du coup, les bus ne s'arretent que quelques secondes, le temps de monter et
descendre en marche.
Je suis aller a Chatuchak, le plus grand marche visite jusque la; colossal!!! On y vend principalement des vetements, mais aussi des souvenirs, des antiquites venues de tous les pays du monde,
de l'artisanat, des pierres precieuses ou non. Il ya plusieurs milliers d'exposants dans ce labyrinthe si grand que l'on peut prendre un petit train pour en faire le tour.
Diner le soir avec Richard. Apres quelques annees de reticence a l'idee des voyages au long cours, le voila si conquis par l'Asie et la Thailande en particulier qu'il reve de venir s'y
installer. Asie, quand tu nous tiens...
Je quitte Bangkok pour Chiang Mai, le nord de la Thailande. N'ayant pas trouve de couchettes, j'ai du retenir une place assise (12h de voyage de nuit). Tout irait bien si le train n'etait pas
refrigere. Il y fait si froid que les passagers s'emmitouflent des pieds la tete dans les maigres couvertures distribuees par la compagnie. C'est un spectacle etrange, autour de moi je vois des
tas de grands cocons blancs et frissonnants.
A l'aube, on est en pleine jungle, ponts au dessus des rivieres et des arbres enormes... cela ressemble bien sur au Nord du Laos ou du Vietnam, d'ailleurs on n'en est pas tres loin.
Chiang Mai est connue pour son marche de nuit, ses trekks a la rencontre des ethnie locales (pour beaucoup les memes que dans les pays voisins, c'est a dire des Hmongs, des Thai Liu. des
Akkhas) et ses cours de cuisine. N'ayant pas le temps de faire un trekk, j'opte pour un cours de cuisine (ceux qui me connaissent comprendront a quel point c'est exceptionnel, mais j'ai la
photo pour le prouver). Me voila donc partie vers une ferme organique ou l'on fait pousser dans un grand jardin tous les fruits, legumes et herbes necessaires pour concocter les delicieux plats
thailandais. Je me sens l'ame d'un vrai chef, couteau dans une main et wok dans l'autre. On rit beaucoup, on sue pas mal aussi (entre l'humidite ambiante et la chaleur des fourneaux), et quand
on a fini, on peut deguster nos preparations. Hummm, je n'avais jamais cuisine quelque chose d'aussi bon. Attention, au retour, je teste les recettes sur des cobayes (il va sans dire que la
cuisine thai utilise BEAUCOUP de piments, avis aux amateurs ;).
J'aurais compris une chose : cuisiner un plat thailandais ne prend souvent que quelques minutes, le temps de passer les ingredients au wok. En revanche, reunir lesdits ingredients est une
entreprise autrement plus ardue, d'autant qu'il existe toutes sortes d'herbes; par exemple, il faut une certaine sorte de basilic pour la soupe, un autre pour les plats frits et encore une
autre pour les desserts. Et bien entendu, aucun de ces basilics ne ressmble a ce que nous avons en France!!! Cette petite aventure confirme un de mes prejuges ; la cuisine thailandaise est
l'une des plus raffinee et delicieuse qui soit.
Le soir, j'explore le marche de nuit. J'etais deja venue il y a quelques annees avec Cecilette, et nous avions ete emerveillees par ce marche;curieusement, cette fois ci, je le trouve nettement
moins interessant, sans doute parce que j'en ai visite tellement et de si beaux que je serais presque blasee (il faut dire que Chatuchak est assez incoryable). On y vend essentiellement des
contrefacons et souvenirs pour touristes (souvent assez ringards), le genre de chose qui finiront sur une etagere a collecter la poussiere...
Je finis cependant par succomber au sourire irresistible d'un bouddha. Un grand bouddha (bon, de la taille d'un enfant de 5 ans). Une fois emballe, il est assez volumineux. Qu'a cela ne tienne,
des le lendemain matin, je vais au bureau de poste pour me l'envoyer par bateau. Ce que le vendeur avait oublie de me dire, c'est qu'il est interdit d'expedier des representations de buddha (ou
de toutes autre divinite) en bois par la poste!!! Sans doute pour limiter l'export illegal des antiquites, mais pourquoi alors vend-on des statues a tous les coins de rue? Me voila donc a
sillonner Chiang Mai avec ma statue sous le bras (il pese quand meme lourd), cherchant desesperement un moyen de l'envoyer. Certains transporteurs veulent bien l'acepter pour le mettre
dans un coin de container, mais il faut payer 6 fois le prix de la statue en expedition. J'envisage d'en faire don a un monastere... quand heureusement, j'arrive a la boutique ou je l'ai
achete, qui se charge de tous les permis. Ouf! Ne manque plus que la photocopie de mon passeport... trouver une photocopieuse en etat de marche s'averera presque aussi ardu que trouver un
endroit d'ou expedier le bouddha. Enfin, il devrait partir. Celui la sera venere quand il arrivera en France!!!
Helas, cette longue quete m'aura pris une partie de la journee, il est temps deja de retourner a la gare sans avoir le temps de visiter les innombrables temples de la ville.
Couchette cette fois; autant le trajet en fauteuil assis etait eprouvant, autant les couchettes dans les trains thailandais sont d'un grand confort. Je caresse les draps blancs en me disant que
c'est peut etre la derniere fois que j'en vois avant un bout de temps...
Voila, ce matin je suis de retour a Bangkok. Dans quelques heures, fini l'Asie du Sud Est, demain, je serai au pied de l'Himalaya. Je me gave une derniere fois des fruits si gouteux, je fais
une derniere balade en bateau sur la Chao Praya... Je ne suis pas encore partie, et pourtant, l'Asie me manque deja! Je garderai en tete la terre rouge et les rizieres, les volees de bonzes en
robe orange qui sortent des temples, et surtout, l'ineffable douceur des Laotiens, la beaute et la gentillesse des Cambodgiens, la vitalite des Vietnamiens et leur pays magnifique, le sourire
des Thailandais... Il y a eu des moments bas (plutot rares en faits) et beaucoup de moments hauts, de rencontres magiques...
Mais l'aventure continue et demain, apres une halte a Delhi (vote l'un des aeroports les pires au monde pour y passer la nuit... faut aimer les voyages), je prendrai mon petit dejeuner au
pied des plus hautes montagnes du monde.
Avant de clore le chapitre, je voulais remercier tous ceux qui m'on laisse des petits mots ou m'ont envoye des mails.Je n'arrive pas toujours a avoir le temps de vous repondre, mais c'est cela
qui m'a inspire et donne envie de continuer a alimenter ces pages (bon, je remercie aussi mon producteur,mon metteur en scene... ;)