Un peu de retard dans les mises a jour du blog... Il faut dire que les cafes Internet au Vietnam sont une experience a peu reposante; bien souvent remplis de jeunes garcons (entre 10 et 16 ans) qui
jouent a Doom, Warcraft et autres jeux en reseau, ils vivent a fond leurs parties, se HURLANT leurs resultats en fumant comme des pompiers. Chaque fois que j'en sors, j'ai l'impression d'avoir
perdu quelques degres d'audition!
Suite du voyage apres l'equipee sauvage... Un peu desorientee par le retour a la civilisation apres cinq jours sur les routes de montagne peu frequentees du centre Vietam, me voici a Hoi Han.
Petite ville adorable, c'est une des rares cites du pays qui fut epargnee par les bombes pendant les conflits successifs. On croirait presque une ville artificielle tant elle est bien preservee;
ancien comptoir maritime qui acueillit des bateaux de tous horizons, des commercants Portugais aux Chinois ou aux Indoneseins, on y touve profusion de temples, de 'maisons de congregations' (sorte
de representations de marchands), ou juste de maisons anciennes avec les petits toits de tuiles chinoises grises et les facades peintes de toutes le couleurs, ce moutarde caracteristique des
batiments coloniaux, mais aussi un joli bleu ceruleen, ou encore le vieux rose chinois. L'humidite fait sur les murs des taches artistiques en forme de creatures fantastiques. Partout des dragons,
au faite des toits, au dessus des boutiques, a l'entree des temples, en sculptures de bois ... . Lorsque l'on se promene dans les ruelles tranquilles, des hauts parleurs diffusent une douce musique
tandis que les centaines de lanternes colorees s'agitent dans une tres legere brise aux devantures des magasins. La ville est situee au bord d'une riviere qui voit passer toutes sortes de bateaux,
des barcasses plates de pecheurs venus apporter le fruit de leur peche aux bateaux qui emmenent les touristes dans les environs. Tout irait bien si ce n'est la chaleur et humidite feroce qui
regnent.
Mais ce qui fait la grande celebrite de HoiHan et y attire des nuees d'etrangers, ce sont les tailleurs; plus de 500, sans compter les chausseurs, il y a les moyen de refaire completement sa garde
robe a moindre frais, et les ruelles voient passer un ballet de touristes charges de paquets a l'enseigne d'un tailleur ou d'un autre, ou en train de se faire prendre leurs mesures. On peut meme
s'y faire faire faire des robes de mariee... Comme les autres, je cede aux sirenes de la confection sur mesure. Il suffit d'apporter un modele de vetement pour le faire copier, ou encore de choisir
dans tous les magasines de mode a disposition dans chaque echoppe... si les resultats ne sont pas a la hauteur de vos attentes, en principe on vous retaille le vetement (dure vie pour les
couturieres qui travaillent parfois tard le soir pour accomoder les touristes qui ne sont la que quelques jours). Je vais au marche aux tissus, gigantesque halle envahie par des metrage de soie ou
de coton de toutes les couleurs et qualites sous un toit de tole ou regne une etouffante chaleur (et traverses par d'enormes rats en route vers le marche alimentaire voisin). J'y rencontre une
vendeuse toute jeune et haute comme trois pommes a l'entousiathme communicatif. Nous feuilletons les pages de vVogue, elles me mesure des pieds a la tete, et c'est parti. Une robe, deux robes ...
le deuxieme soir, le jugement un peu affaibli par la chaleur et l'attention parfois un peut trop pressante des demoiselles qui s'affairent sur les stands, je me laisse emporter par mon elan. Le
lendemain, je vais chercher les resultats de ma commande ... Gloups, je me suis fait tailler une robe de Barbie en lycra rose!!! C'est sur, elle ira bien avec mes cheveux deteints en blond par tout
le soleil! (enfin, je crois qu'elle finira ses jours sur ebay... si je trouve une Barbie susceptible de l'acheter). En tous cas, la vendeuse est ravie de son oeuvre. Comme je lui ai apporte du
business (malgre cette erreur manifeste, j'avais commande d'autres vetements) et que je l'ai recommandee a d'autres clients, elle me serre dans ses bras, m'embrasse, m'apporte a boire, me fait un
chignon ellabore.
Chaussee et rhabille de neuf (des robes sans manche et des sandales roses qui seront certainement d'une grande utilite pour l'hiver parisien), mais la bourse plate, je prends la route de Hue. Apres
presque 10 jours sans bus, j'avais oublie les joies de ce mode de transport : la musique a fond, les haltes sans raison... heureusement que le trajet ne dure que 4h30 (raisonnable pour 120 km),
mais je crois avoir excede mon quota de bus pour les 10 annees a venir. D'autant que sans reflechir, je me suis installee non loin du conducteur... et de son klaxon! Il faut dire que dans toute
l'Asie, on conduit au klaxon, le doigt pressant en permanence cet engin de malheur. Pour avertir, pour remercier, pour depasser, pour rien aussi, par habitude. Les bateaux klaxonnent, les motos
klaxonnent, les camions klaxonnent, les bus klaxonnent, et au bout d'un moment, on n'a plus qu'une envie, celle d'etrangler les conducteurs ou d'etre atteint de surdite momentanee.
En chemin, nous longeons la fabuleuse plage de Danang. Emaille de bateaux de peche, de filets a balanciers, une longue bande de sable blanc bordee par les rochers de la baie, qui donne bien envie
de s'y baigner. Helas, mon emploi du temps tres serre (si si!!!) n'inclut pas de halte farniente sous les cocotiers, je me contente donc d'admirer les pecheurs qui rejoignent la plage. Ici,
l'expression 'coquilles de noix' pour designer une embarcation prend tout son sens, puisqu'ils ont des barquettes de forme ronde dont on se demande comment elles ne tournent pas en rond a
l'infini.
Voici Hue, cite imperiale. Malheureusement, elle fut impitoyablement bombardee et essentiellement rasee... ce qui reste de la ville nouvelle n'a pas grand attrait, j'ai beau faire des kilometres a
pied (pourchassee par les conducteurs de moto, il en se passe pas 100 m sans que l'on me propose de monter), je n'y trouve guere de beaute. En revanche, la citadelle imperiale est un enchantement.
Il faut passer les premieres fortifications, puis une deuxieme mur d'enceinte qui abrite les batiments qui servaient de residence a la famille imperiale de la dynastie Nguyen, entre le 19 et le 20e
siecle (Bao Dai, le dernier empereur, est mort en exil a Paris). Bien que beaucoup de batiments aient souffert des bombardements, ils sont peu a peu restaures de facon tres convaincante. A
l'interieur des douves envahies par les lotus blancs et roses, on trouve une vraie petite ville. Residence de l'empereur, halls de reception, appartements de l'imperatrice, temples...
Apres Hue, voici Hanoi. Asie revee disait le guide... a condition d'aimer la pollution, la circulation, les traversees de rue perilleuses et les odeurs pestilentielles qui montent de la rue la
nuit, sans compter les harcelement des conducteurs de motos ('Hey you, motorbike' est leur cri de guerre. Il faudrait dresser des statistiques sur le nombre de fois ou l'on se fait inviter a monter
dans un vehicule quelconque, taxi, moto ou pouse pousse.)! Les fils electriques pendent dans tous les sens, et ils faut etre vigilant si l'on ne veut pas se faire decapiter ou eborgner parce que
l'on regardait du mauvais cote.
Mais Hanoi recele quand meme beaucoup de tresors si l'on ne s'arrete pas a ces details. Le spectacle de marionnettes sur l'eau; des figurines en bois agitees par une perche quasi invisible sous la
scene d'eau verte; malgre la grossierete des traits, on dirait que les poissons sont vivants, les enfants se deplacent avec gaite tandis que les figurines de vieillard avancent avec dignite...
Spectacle pour enfants peut etre, mais c'est merveilleux, et on sursaute quand les dragons aparaissent en crachant le feu, on se moque du pecheur dont les canards sont derobes par un leopard qui
monte dans un arbre au coin de la scene, sans jamais voir les marionettistes caches derriere un rideau de bambou...
Le theatre se trouve au coin du lac HoaKien, joli plan d'eau en pleine ville ou aparaissent parfois des tortues geantes. Tout autour, on trouve des amoureux sur les bancs publics, des dames d'un
certain age qui font du TaiChi et des tas de gens qui entretiennent leur forme en faisant du jogging ou du badminton.
Il y a aussi le musee d'ethnologie qui permet de saisir un peu l'incroyable diversite ethnique du Vietnam (plus de 50 ethnie cohabitent dans le pays). Les costumes sont magnifiques, et les
traditions d'une grande complexite. On peut y admirer des regles pour mesurer les cochons, des arbres a priere, et tout un ensemble de maisons reconstituees, dont les Ruong, ces edifices
communautaires au toit de chaume de plus de 10m de haut. Curieux de constater la parente de ces constructions avec certaines maisons du pacifique Sud. Et puis les Hanoiais ont le contact facile.
Pour peu que l'on s'assoie quelques instants sur un banc ou des marches, on noue facilement la conversation avec eux. Grande ville donc, mais moins impersonnelle et etouffante que Saigon... (du
moins au niveau de la pollution, car l'humidite avoisine les 99 % certains jours... c'est a dire des trombes d'eau, saison des pluies oblige. A chaque fois je crois avoir vu les deluges de fin du
monde, et plus la saison avance, plus ils sont importants).
Depuis Hanoi, je vais visiter la baie d'Halong. Comme il est quasiment impossible de la visiter par ses propres moyens (a moins justement que lesdits moyens ne soient tres consequents), je me vois
contrainte de me joindre a un tour organise... a l'instar ds quelques milliers de touristes qui ont eu la meme idee. C'est une machine bien rodee. Ramasse le matin et entasse dans un minibus avec
d'autres compagnons de route a moitie endormis, nous voici en route avec des dizaines d'autres minibus, faisant les memes haltes dans les memes magasins (quoi que, on nous arrete pour la pause pipi
dans un endroit qui vend des statues de marbre de plusieurs centaines de kilos ou des jarres de porcelaine peinte si grandes que l'on pourrait y prendre un bain. Pas vraiment le genre de souvenir
qu'il est facile de caser dans son sac a dos) ou l'on vend des snacks a des prix prohibitifs. Tant pis pour ceux qui n'ont pas fait leurs provisions avant de partir..
La ville de Halong est vilaine comme tout, envahie de tristes hotels trop hauts et trop recents, et le nombre de touristes qui attendent leur embarcation defie l'imagination, on se croirait dans un
aeroport international. Moderne tour de Babel, il y a la des gens venus de tous les coins du monde. Enfin, apres une attente interminable, on embarque sur une jolie jonque. Nous faisons lentement
route vers ces milliers de pics de roches karstiques dont on dit qu'ils furent crees par les battement de queue d'un dragon. Meme si nous ne sommes pas seuls, c'est bien beau, et puis heureusement,
le petit groupe a borde de la jonque est fort sympathique (une quinzaine de personnes, des Australiens, des Americains dont une jeune femme qui ensigne en Chine et un ancien chroniqueur sportif qui
a enseigne l'anglais au Japon, Thai qui fut Vietnamien avant d'etre Belge avec son fils et sa fiance, Hoddiah et Ron des Israeliens qui vivaient encore a New York il y a quelques mois...). Autant
dire que les conversations a table sont animees, fi des habituels 'd'ou venez vous, ou allez vous?', on parle pour une fois de politique internationale.
On visite une grotte sublime et gigantesque avec des eclairages colores (dommage que le guide doive nous signaler chaque rocher la forme que l'on est cense voir). Il y a en a beaucoup dans la baie,
mais nous ne verrons que celle la (cela me rappelle la baie de PhanNga en Thailande ou l'on trouve les memes rochers, qui sont creux a l'interieur. On accede a certains en se couchant au fond du
kayak pour ne pas toucher les colonies de chauve souris, et on arrive dans une sorte de cirque naturel ou la vegetation pousse a la verticale et ou l'on peut observer une faune veritablement
prehistorique, comme ces poissons a pattes qui montent sur les racines semi immergees des arbres). Apres la grotte, petit tour en kayak (il faut slalomer entre les jonques de touristes) pour aller
vivister une minuscule de sable blanc.
Le soir, on s'arrime a deux autres bateaux, puis le jeu consiste a sauter du pont superieur. Je me precipite...et au bord, je recule des papillons plein l'estomac. Maudit vertige!. La derniere fois
que j'ai essaye de l'ignorer ou d'en triompher, je me suis jetee de plus de 3m de haut d'une corde qui pendait d'un cocotier et ai atterri la tete la premiere. Pas la peine de tenter le diable, je
me resouds a sauter du deuxieme pont, deja assez haut. C'est bien plaisant, la mer est chaude (autant a cause du soleil que du mazout sans doute), et lorsque l'on en a assez, on remonte se secher
sur le pont superieur en sirotant une biere ou un verre d'eau minerale vendue au prix du champagne.
Le lendemain matin, nous traversons les iles... Feerique, sublime, serein... Chaque rocher que l'on depasse en revele un autre, au pied duquel se niche parfois un petit village sur l'eau dont les
habitants viennent en barque nous proposer bonbons et boissons. Le temps est couvert, brume qui se transformera plus tard en pluie mais qui ce matin la nimbe la baie d'un voile bleute ireel. Je
voudrais que la croisiere dure encore des heures, pour rester a l'avant du pont a contempler ebahie et apaisee ce spectacle magique. Helas, il est temps de retourner au port, de se re-entasser dans
un minibus pour aller retrouver l'agitation de Hanoi. Cependant, malgre cette impression persistante d'etre guide comme un brave troupeau de moutons, la baie d'Halong restera un souvenir
magnifique, paysage invraisembable comme la nature en faconne parfois.
A Hanoi, je retrouve Lizzie qui avait pris une autre route a Hoi Han. Nous tentons d'explorer la vie noctune pour celebrer sa derniere soiree au Vietnam, mais peine perdue, les bars et boites
ferment ici entre 11h et minuit. Bien decevant pour une capitale! Nous revenons par les rues mal eclairees, trebuchant sur des choses molles dont on prefere ne pas savoir de quoi il s'agit. Il est
temps d'aller se mettre au vert dans les montagnes, derniere etape de mon periple Vietnamien.